Plasticité du jeu pédagogique : Cuba 62 de la 3ème à la spécialité HGGSP en 1ère au lycée.

Utiliser le jeu d’Yvan Hochet, Cuba 62 comme support à une séquence introductive de la spécialité Histoire-Géographie-Géopolitique-Sciences Politiques (HGGSP), il fallait y penser. Patricia Devaux de l’académie de Strasbourg y a pensé !

Sans développer davantage on a bien ici l’illustration de la plasticité du jeu pédagogique. De ce jeu là en particulier mais aussi des jeux pédagogiques en général, de ceux qui, créés par des enseignants, sont adaptés à la réalité des classes et qui peuvent être utilisés dans des contextes différents, des niveaux différents, sous des ministres différents (15 au moins depuis la création du jeu), avec des programmes différents voire, parfois, dans des disciplines différentes.

C’est aussi la démonstration que l’investissement en temps consacré à la création d’un jeu pour ses élèves peut être tout à fait rentable. Si l’on fait le rapport entre le temps (important) passé par Yvan pour le créer et le nombre de  parties qui en ont été jouées du collège au lycée, on peut affirmer sans crainte d’être démenti que Cuba 62 est doté d’un excellent ratio « temps de création/temps d’utilisation » (selon la formule bien connue : t_CR/t_UT²-X). Ce n’est bien sûr pas le cas pour tous les jeux mais ce peut être une incitation à essayer de concevoir des jeux souples utilisables dans diverses circonstances, voire des jeux-cadres, sortes de structures ludiques génériques adaptables à des situations et/ou des contenus qui peuvent être très différents. Sur cette notion de jeu-cadre, il existe de nombreuses références sur internet  qu’un bon moteur de recherche trouvera en quelques seconde. On peut aussi se reporter au désormais classique « Modèles de jeux de formation, les jeux cadres de Thiagi (B. Hourst et S. Thiagarajan), Eyrolles, 2011.

 

Présentation de sa séquence par Patricia Devaux.

« L’objectif de cette séquence est d’amener les élèves à définir les champs disciplinaires : Histoire, Géographie, Géopolitique, Sciences Politiques.

Mon choix s’est porté sur le jeu « La crise de Cuba » car il fonctionne très bien pour comprendre la notion d’escalade et pour servir d’introduction à la définition de géopolitique. Et l’exemple de Cuba se prête bien à une explication relevant de l’histoire, de la géographie et des sciences politiques.

La première séance est consacrée au jeu. Dans le cas d’une classe entière, je la divise en deux camps et un élève sert d’intermédiaire. Une première partie aboutit le plus souvent à une guerre nucléaire ! L’idéal est d’avoir le temps de les faire rejouer en constituant deux sous-groupes, en général la seconde fois les joueurs sont plus enclins à la négociation. Si on n’a pas le temps, le professeur fait une reprise (un « debriefing ») en mettant en avant la notion d’escalade, et en insistant sur le fait que ces dirigeants mettent en jeu la vie de leur population !

La deuxième séance est consacrée à l’étude en groupe de dossiers concernant Cuba et portant chacun sur un champ disciplinaire : histoire de Cuba, géographie de Cuba (à différentes échelles), géopolitique (contexte de guerre froide), sciences politiques (régime communiste, régime de démocratie libérale).

En classe de 36, j’ai fait 8 groupes de 4, deux groupes travaillant sur le même thème.

Cette séance fonctionne plutôt bien et rapidement.

La troisième séance les groupes sont redistribués, dans chaque nouveau groupe on trouve un représentant de chaque thème. Ils sont chargés de faire une synthèse sous forme de tableau pré-rempli. Ils doivent retrouver les définitions des champs disciplinaires et montrer leur application à l’exemple de Cuba.

On peut différencier :

Le parcours 1 :  consiste à se limiter au contexte de la crise de Cuba et à reprendre la contribution du premier groupe dans chaque colonne.

Le parcours 2 : consiste à étendre la réflexion à la situation de Cuba aujourd’hui. 

La quatrième séance est consacrée à la restitution, chaque groupe commente une partie du tableau à l’oral. Il est important à cette étape de bien faire le lien entre ce qui a été vécu lors de l’expérience du jeu et la réflexion théorique qui en a été tirée.

La cinquième séance est consacrée à une évaluation qui porte sur les définitions, et consiste à leur demander d’appliquer le même raisonnement sur un autre exemple (dans mon cas les Jeux olympiques).

Si on a le temps, on peut faire faire une évaluation par les pairs immédiatement, car l’exercice est assez court.

Bilan : Comme cette séance se déroule au début de l’année, la phase de synthèse est la plus difficile pour les élèves, mais c’est une occasion de leur présenter l’objectif en termes de méthodologie de l’année de spécialité. J’ai fait cette séquence avec une classe de 37 au début de l’année, hétérogène et pas forcément calme (!). J’ai fait le parcours 2 mais c’était un peu trop difficile pour eux, c’est pour cela que je suggère le parcours 1, avec possibilité en reprise de leur présenter le parcours 2.

L’évaluation a donné finalement de bons résultats, j’avais fait réviser les définitions en utilisant l’application Kahoot ; très peu se sont trompés en classant les textes sur les Jeux olympiques et leurs explications montraient qu’ils avaient compris. »

Patricia Devaux, académie de Strasbourg.

Contacter l’auteure de la fiche : [email protected]

Le tableau de synthèse

Le padlet support

La présentation de la séquence sur pédagomaker

Cuba 62, la version d’origine par Yvan Hochet

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