Réussir ses premiers cours ? Conseils et ressources

A l’instar du livre récent de Jean-Michel Zakhartchouk, Réussir ses premiers cours, , éd. ESF, et en hommage aux travaux toujours importants et souvent fondateurs de sa réflexion comme de celle des Cahiers pédagogiques,  mais aussi dans le cycle des Lettres à, écrite par (ou avec)  d’André de Peretti,

–         Lettre aux enseignants débutants, 2004

–         Lettres aux accompagnateurs d’enseignants, 2006

–         Quelques conseils pour la prise de fonction (sur le site Diversifier)

un groupe de formateurs du 1er degré  à Paris,  (directeur d’école, conseiller pédagogique, maitre formateur) pour clore son cycle de travail, consacré à l’accompagnement des enseignants débutants, s’est livré à un atelier d’écriture  pour « réussir ses premiers cours » .

L’exercice s’est fait en deux volées de propositions ; des conseils en positif et des préventions en négatif, un peu comme un balisage de route avec ses panneaux de signalisation (bleu et rouge).

Chaque volée de propositions a pu faire l’objet d’une première analyse en trois catégories :

– ce qui ressort de la préparation des « cours

– ce qui ressort de la conduite de classe

– ce qui ressort du développement professionnel

Quelques conseils, précautions, questions accompagnantes pour la prise de métier :

La préparation (ingénierie)

–         « Préparer la classe » (fiches de préparation sur une semaine)

–         Pour cela, sois bien au clair avec les programmes, ton niveau de classe, la sécurité des élèves (c’est-à-dire les exigences institutionnelles)

La conduite de classe (« tenue de classe »), gestes professionnels)

–         Traiter avec équité les élèves

–         Réguler les conflits entre élèves sans laisser les choses trainer

–         Penser avec pertinence le travail à la maison et le reprendre en classe

–         Veiller au climat de classe (place de la parole, réglè de vie, relations, organisation spatiale), ce qui construit le cadre

–         Regarde les élèves travailler

–         Organise le cadre et tiens le

–         Enrole tes élèves

Dynamique, processus de développement professionnel

–         Considérer les élèves dans une dynamique de progrès

–         Venir à l’école avec plaisir

–         Identifie tes points forts pour éventuellement les réinvestir

–         Identifie les relais et les ressources dans la proximité

–         Reconnais tes besoins et tes attentes

–         Donne-toi des priorités et travaille par étapes dans ton propre développement professionnel,  escompter sur le temps long pour entrer dans le métier. Faire le deuil de la maitrise totale de tout tout de suite.

–         Apprends des autres

–         Pense à toi pour être mieux avec les autres

Surtout, ne pas faire :

Préparation

–         Surpréparer pour ne plus laisser vivre ni respirer le groupe

Conduite de classe et vie de l’école

–         Négliger les demandes de l’enfant, celui qui est derrière l’élève.

–         Punir sans avoir réfléchi au rôle de la sanction

–         Faire preuve d’incohérence dans les exigences

–         Considérer les parents comme des ennemis

–         Fais attention à la relation que tu entretiens à tes élèves, ne sois pas le parent de tes élèves

–         Fais attention à l’autoritarisme,  ou encore des formes qui peuvent humilier ou casser[1]

–         Fais attention à ne pas confisquer la parole

–         Se laisser prendre à réagir tout le temps

Développement professionnel

–         Penser que tu travailles seul.

–         ne pas s’enfermer dans ton propre silence et à masquer ses propres doutes

–         ne pas oublier toi-même le propre cadre de l’école, ou même celui que tu t’es donné.

–         S’isoler

–         Veille à ne pas être contaminer par une certaine morosité ou complainte par ailleurs[2]

Trois  conclusions

1- « réussir ses cours », finalement, devient une sorte de nord dans une boussole professionnelle. Elle se recentre sur la présence réelle et explicite de l’enseignant dans la classe :  elle évoque l’approche  centrée sur la Personne développée par  Carl ROGERS[3], fondée sur les trois principes suivants : l’Educabilité pour tous[4], l’Empathie, la Congruence.

2- Cependant, une classe réussie n’est pas forcément la même chose que « réussir ses cours ». Nous pourrions aisément ici reprendre les conclusions et  référence de la thèse «  l’ennui à l’école »,   de Stéphanie LELOUP, présentée sur le site Jacques NIMIER ;  il apparaît qu’élèves et enseignants peuvent distinguer ce qui fait un bon cours, mais… les items sont symétriquement inverses ; l’enseignant peut avoir le sentiment de réussir son cours, mais les élèves le percevront très différemment. A redécouvrir.

3- En approfondissant l’analyse destinée aux enseignants débutants, ce sont aussi des messages importants et parfois subtiles à l’attention de tout enseignant, « même T25 », dirait humoristiquement notre amie et collègue Gisèle qui nous a accueilli pendant ces deux années dans sa classe et dans une superbe nouvelle école, rue Gerty Archimède, Paris 12ème arr.

Ainsi, travailler la question de l’accueil des enseignants débutants, de leur prise de métier, de leur formation directe et « expérientielle », c’est souvent bien autre chose que nous travaillons ; c’est bien l’analyse du métier, dans ses tensions, dans ses évolutions, mais aussi celle de la place de la formation et de la solidarité professionnelle dans tout école ou établissement.


[1] A noter  comme ressource : les petites cartes du site CHARIVARI, qui permettent de signaler à l’élève de manière personnelle, sans rendre cela visible à l’ensemble de la classe ; la loi est respectée)

[2] cf. la planche sur les 30 raisons pour enterrer un projet)

[3] Sur Carl Rogers, reprendre « Présence de Carl Rogers », d’André de Peretti

[4] On peut penser à nos amis belges de la communauté francophone qui prêtent en début de carrière le « serment de Socrate ».

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