EPI, votre avis un an après

Alors que l’avenir des EPI semble incertain, et que cela inquiète nombre d’entre vous, on s’est dit qu’on aimerait bien avoir votre avis sur cette expérience, et savoir quel premier bilan vous en tirez après cette année test. On vous a donc soumis la semaine dernière un petit questionnaire concocté avec nos amis des Cahiers pédagogiques. On est aujourd’hui en mesure de vous présenter les résultats, avec l’analyse exclusive du site ToutÉduc.

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EPI : un bilan nuancé, légèrement positif

Quand on leur demande s’ils vont refaire des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) l’an prochain, 23,7 % des enseignants répondent « oui, bien sûr ! » et 31,8 % « plutôt oui, si l’équipe pédagogique est d’accord ». C’est ce qui ressort des 1 744 réponses que des professeurs de collège ont adressées au Web pédagogique. « Le petit journal des profs » avait publié le questionnaire le 20 juin. Au terme de cette première année de mise en œuvre, ils sont 8,3 % à opposer un refus catégorique à cette perspective, 19,7 % à pencher vers le non, « sauf si on me le demande », et 18,2 % à hésiter.

En revanche, les réponses à la seconde question du questionnaire sont davantage négatives puisque, aux 6,8 % qui étaient opposés dès le début aux EPI, s’ajoutent 41,5 % de « déçus ». 36% se déclarent pourtant intéressés à l’idée de poursuivre l’expérience, et 20 % sont « convaincus », « sereins » ou même « enthousiastes ».

Des élèves enthousiastes, d’autres déstabilisés

L’expérience a-t-elle été intéressante pour leurs élèves ? Ils ne sont qu’un peu plus de 10 % à dire non, elle leur a permis « de travailler en équipe », « sur un projet pratique » (affiche, exposé, objet concret, objet numérique), de « découvrir des disciplines sous un autre angle », « de s’ouvrir au monde ». Ils ont été enthousiastes (28 %), mais se sont lassés assez vite (16 %) ou ont été déstabilisés (11 %), à moins que ça n’ait rien changé (29 %), même si d’autres au contraire ont finalement adhéré (17 %) ou « se sont révélés » (23 %).

Interrogés sur l’utilisation des EPI pour le brevet, leurs enseignants sont quelque 15 % à dire qu’aucun de leurs élèves ne s’est appuyé sur ce travail pour l’oral, 20 % à répondre que tous l’ont fait, 30 % à estimer qu’ils étaient « démotivés » ou « assez passifs », 58 % qu’ils étaient « plutôt intéressés » et même 12 % qu’ils étaient « enthousiastes ».

« L’horreur ! » pour 1 %

« Quel effet les EPI ont-ils eu sur les connaissances de vos élèves ? » Les réponses se répartissent en trois tiers, aucun (31,5 %), l’acquisition de nouvelles connaissances (33 %), « une meilleure réception de connaissances que j’aurais pu transmettre autrement » (28 %). À noter qu’ils sont 7 % à cocher la case « autre ». Et sur eux-mêmes ? Ils sont 40 % à avoir apprécié cette occasion de travailler avec leurs collègues, ou à considérer que cela leur a permis « d’expérimenter, d’apprendre et de progresser », mais ils sont 40 % à estimer que cela leur a surtout « pris beaucoup de temps et d’énergie », 19 % que « ça n’a pas changé grand chose » et ils sont même 18 (1 %) à avoir coché la case « j’ai été obligé de travailler en équipe, l’horreur ! » Et seuls 34 % d’entre eux ont au terme de l’année une vision différente de leurs élèves.

 

Pour retrouver l’intégralité des résultats :

 

Commentaires

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1 commentaire

  • Bernard dit :

    N’aie pas répondu au questionnaire faute de temps (conseils de classe entre autres), mais me suis déjà exprimé sur le sujet sur le petit journal.
    Mon bilan est globalement négatif.
    Les équipes s’y sont soumises sans trop de conviction pour diverses raisons que je ne développerai pas, mais en accomplissant la plupart du temps avec beaucoup de sérieux leur devoir pour faire tourner cette usine à gaz.
    Nous avons fait passé les oraux hier. Trois thématiques ont été retenues : Culture et création artistique (2 projets), Monde économique et professionnel (Projet d’orientation). Une autre thématique en sciences et techno a été abandonnée en cours de route pour des raisons de faisabilité des activités proposées.
    Le sujet Projet professionnel s’est révélé être un bis repetita de l’oral de stage, donc sans travail de groupe (vaguement pp + prof de techno) et donc sans réel intérêt ni apport supplémentaire au parcours de l’élève.
    L’un des sujets Culture et création artistique a été un remake d’un projet EPS/Français/HG déjà existant avec un investissement inégal des disciplines et un spectacle de danse qui se faisait déjà avant en EPS.
    De même, le 2nd projet Culture et création artistique existait déjà en tant que projet Collège au cinéma.
    Donc rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est que pour donner une réelle cohérence à tout ça il aurait fallu attribuer aux équipes des temps de concertation qui était négociables dans le cadre des IDD mais pas fléchés avec les ÉPI.
    Concernant l’investissement des élèves, il a été quelque peu frileux parce qu’il n’y a pas eu vraiment de travail de groupe, que souvent ils n’ont pas compris l’intérêt de cette nouvelle épreuve qui a créé du stress en fin d’année et de la compète entre les équipes pour inciter les élèves à choisir ou à renoncer à tel ou tel projet. Les productions que j’ai pu voir dans mon jury étaient pour l’essentiel des diaporamas, avec entre chaque passage d’élève du temps perdu à régler des problèmes techniques, et peu d’originalité et de créativité.
    L’évaluation de l’épreuve s’est basée sur une grille interne (pas de document officiel pour une épreuve d’examen national !!) bricolée sans concertation par un collègue hyperactif soucieux de prendre les choses en mains pour palier aux manquements de l’administration.
    Une vague réunion sur l’heure du déjeuner devait permettre de constituer les jury et d’harmoniser (mon œil !!) les pratiques. Ce sont les professeurs impliqués dans les projets qui ont évalué leurs élèves (neutralité, mon œil !).
    Dans mon jury, l’évaluation s’est faite à la louche avec, après coup, répartition des points sur les différents items de la grille pour rentrer dans les cases (évaluation au pif qui a permis à certains collègues de faire valoir leur ressenti vis à vis de certains élèves : bienveillance, mon œil !).
    Pour ce qui est de reconduire, la souplesse annoncée par notre nouveau ministre dans la forme est accueillie avec soulagement, mais je ne peux pas parler d’enthousiasme de la part des équipes.

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