L’évaluation de l’oral en interaction à moindre coût

Do it yourself !

Septembre 2017, nouvelle affectation. Après 5 ans de bons et loyaux services en tant que professeur d’espagnol au sein de l’Académie de Créteil, je prenais un nouveau départ au vert.

enregistreur

Le charme opéra immédiatement, des poules dans la cour, des élèves polis, du matériel fonctionnel… tout allait pour le mieux.

Je constatai cependant dès la rentrée qu’il me manquait un outil essentiel pour l’évaluation de l’oral : des enregistreurs. Ma commande est faite, mais le temps file lentement ici…

Ce matin, du coup, première évaluation en interaction orale pour mes 4e à 26.

Ma mission : Faire créer 13 dialogues en interaction orale sans prise de note ni récitation. Chaque élève possède un emploi du temps en images. Il doit interroger son camarade sur ses horaires, les comparer et répondre à ses questions.

Le temps : 55 minutes, appel, explications, préparation et enregistrements compris !

Les moyens : enregistreur emprunté à un collège voisin et offert par un éditeur et mon téléphone.

(oui je vois certains faire des bonds, mais je vous renvoie au sous-titre de l’article : Do it yourself !)

Le résultat : 13 enregistrements à la sonnerie et ce pour les deux classes concernées. Mission accomplie !

 

Mode d’emploi

Voici donc un mode d’emploi pour tous ceux qui voudraient se lancer dans cette aventure bon marché sans trop savoir comment s’y prendre !

  • En premier lieu, les élèves doivent évidemment être bien préparés. Tout a été vu pour qu’il n’y ait aucune main levée , le « Señoraaaaaaa, cómo se dice…. ? » étant complètement banni !
  • Il faut ensuite leur donner un barème très détaillé. Le moindre doute faisant perdre de précieuses minutes.
  • Puis, vient le moment de l’efficacité. Dès le début de l’heure je constitue des groupes de deux par niveau. L’idée étant que les meilleurs, ayant besoin de moins de temps de préparation, s’enregistrent rapidement et que les plus faibles bénéficient ainsi d’un temps de préparation rallongé.

Attention à ne pas se faire piéger par le temps, ces derniers groupes plus lents le seront également au moment de l’enregistrement (rythme moins fluide, quelques blancs).

  • Je donne ensuite le top départ de la préparation sans stylo. Chaque groupe doit juste se lancer afin de voir comment il s’organise, ce qu’il choisit de dire ou pas. Pendant ce temps, je vais prévenir les premiers groupes de leur ordre de passage (3 ou 4 groupes très à l’aise pouvant sortir s’enregistrer au bout de 10 minutes à peine). Je note les numéros de passage sur le barème que je ramasserai en fin d’heure. Avec le stress, peu d’élèves pensent à donner leur prénom et il est parfois bien difficile de reconnaître les voix.
  • L’air de rien j’écoute la préparation des groupes 1 et 2 et dès que je les trouve prêts je les envoie s’enregistrer sans leur demander leur avis (« Mais madame, on n’est pas prêts », trémolos dans la voix, yeux de cocker… bref… on se laisse amadouer facilement. Mais 55 minutes ! ).
  • Je fais sortir les deux groupes dans le couloir, ou si j’ai de la chance dans une salle voisine libre et je les laisse s’enregistrer. Je circule ensuite entre les groupes pour indiquer l’ordre de passage suivant l’avancée des uns et des autres.

Que font les autres une fois les enregistrements terminés ?

  • Il faut les occuper sans se surcharger de travail pour ne pas avoir une correction à faire.

Plusieurs possibilités :

– Une fiche de jeux sur la séquence.

– Un article plus culturel sur la séquence (les horaires des Espagnols) avec quelques questions…

Dans tous les cas la consigne doit être écrite au tableau car elle n’est pas mémorisée si elle est donnée en même temps que le barème pour l’évaluation.

 

Le bilan :

Certes, cet article pose deux problèmes :

  • Le prêt de mon téléphone personnel. Les groupes l’ayant ne sont pas tout à fait choisis au hasard…
  • Laisser deux ou 4 élèves sans surveillance. Pour ma part, j’en assume les hypothétiques conséquences. Mon nouvel établissement étant cependant sous vidéosurveillance, je ne suis pas inquiète en les laissant sortir.

Les productions obtenues correspondent à ce que j’espérais. Les enregistrements me permettent de rendre une correction beaucoup plus précise. Pouvant revenir en arrière, j’ai le temps de noter tous les mots écorchés afin que l’élève corrige au plus vite les erreurs récurrentes de prononciation.

Les élèves les plus faibles ont eu assez de temps. Les meilleurs ont dû relever un challenge supplémentaire, celui de la rapidité, et en sont fiers.

 

Le ressenti des élèves :

Je leur demande toujours ce qu’ils en ont pensé.

Ils ont considéré ce matin avoir eu assez de temps mais trouvent l’exercice stressant.

Ils préfèrent passer tranquillement par deux avec l’enregistreur loin du regard des autres que devant la classe entière.

 

À vous de vous lancer si vous le souhaitez !

Une chronique de Valentine Marie

Commentaires

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3 commentaires

  • DAVAL jacques dit :

    Bonjour Valentine et BRAVO pour cette expérience.

    J’ai appris de façon laborieuse l’allemand en première et unique langue pendant 9 ans ( j’ai redoublé 2 fois ) et je sui incapable de suivre le journl de 13h à la télévision ou de lire un journal allemand.
    Pour moi, élève moyen, l’apprentissage d’une langue étrangère à l’école est un fiasco.
    J’ai passé dernièrement avec mon épouse, trois semaines dans une marina à Berlin et j’ai beaucoup souffert.
    J’arrive à parler un peu avec un bon accent mais si la personne me répond en allemand, alors, je suis mort..
    Je ne comprend pas même les phrases les plus élémentaires.
    Je manque de vocabulaire et si je ne comprend pas le verbe qui termine la phrase, c’est la catastrophe.
    Pour parler un peu allemand, il faudrait que je vive un an dans une famille qui ne parle pas français.
    Je vais calculer le nombre total d’heures passées au lycée pour apprendre l’allemand.
    Je calculerai aves une classe de 3O élèves et en sachant que pendant une heure de cours, je vais parler 2mn maximum, c’est impossible d’apprendre une langue dans ces conditions.
    Je connais un peu Goethe, Schiller et quelques grands auteur incontournables de la littérature et de la poésie allemande qui me sont complètement inutiles pour lire les nouvelles dans un journal. Donc, qui ne me servent à rien. Perte de temps. Gaspillage d’énergie.
    Pour moi, l’apprentissage de l’allemand à l’école est un échec et je le regrette. Je me sens frustré. Et je n’étais pas un élève pénible ou turbulent qui a envie de saboter le cours et de faire ch…le prof. Non un élève normal qui a eu le bac difficilement, sans mention;

  • Marie Valentine Marie Valentine dit :

    Bonjour,

    Merci pour ce retour. Je comprends votre expériencE. La réforme de 2007 a rendu un peu plus concret l’enseignement des LV. Beaucoup reste à faire effectivement. Les deux points noirs étant à mon sens les effectifs et comme vous le soulignez le faible temps de pratique.
    J’espère que nous progresserons dans les années à venir.

  • DAVAL jacques dit :

    Bonjour Marie Valentine,

    L’enseignement des langues vivantes à l’école est, pour moi, ancien élève moyen médiocre, un NON SENS.
    Je rêve D’une salle spéciale où chaque enfant est dans une espèce de cabine avec un magnétophone et le prof qui est branché sur chaque élève supervise le travail et provoque, s’il le veut des dialogues.

    Tu es complètement fou.

    Cela coûterait une fortune!

    C’est vrai, je suis fou. Mais, rassurez-vous, je me soigne!

    Cela coûte moins cher d’envoyer le porte avion nucléaire, le Charles de Gaule en mission en Syrie pour que nos avions, ( de chez Dassault ) les Rafales jettent quelques bombinettes sur les MECHANTS de Daech.
    Mission accomplie, le P A N (Charles de Gaule) rentre à Toulon et les prostituée qui étaient au chômage technique retrouvent le sourire et peuvent, à nouveau caresser le pompon de nos valeureux marins en chantant la chanson d’Edith Piaf: <>

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