Le formateur occasionnel, personnage haut en couleur !

Pas si facile de transmettre

En ce moment, j’anime des formations de formateurs occasionnels. Ces personnes sont repérées dans leur entreprise pour former principalement des arrivant(e)s aux spécificités de leurs métiers.

formateur-couleur

C’est un stage très intéressant à animer, car je me rends compte combien le rôle de formateur (et d’enseignant) n’a pas grand chose à voir avec l’improvisation :

  • Les stagiaires sont souvent empruntés quant à la façon de se tenir devant le public : qu’est-ce que je fais de mes mains, où va mon regard ? Et mon corps qui bascule comme un pendule sur mes deux jambes ? Et ma voix qui ne porte pas, ou qui est un peu tonitruante ?
  • Quid des contenus à transmettre : certes, j’ai une bonne compétence professionnelle dans mon domaine de spécialité, mais comment je fais passer tout cela au jeune postulant que j’ai devant moi ?
  • L’apprentissage, est-ce comme la théorie des vases communicants ? Je mets tout dans l’entonnoir et le deuxième, relié par un tuyau, se remplit à la même hauteur ?
  • Et Jacques Cartier (mon formateur) qui commence à parler d’objectif pédagogique, de pré-requis, d’animation de la formation, d’activité de l’apprenant, d’évaluation…

Oups ! Ai-je bien fait d’accepter cette mission de formateur occasionnel ?

De l’autre côté

Pas à pas, les personnes découvrent une réalité qu’elles n’ont perçue durant leur scolarité que du côté enseigné. Là, elles passent de l’autre côté de la barrière ! Je pense qu’elles se rendent compte de la professionnalité des enseignants qui se sont succédé pour les former.

Chacun(e) a une vision assez stéréotypée de l’enseignant, et a tendance à rester dans le frontal, l’expositif. L’activité de l’apprenant n’est pas tout de suite une priorité, le travail de groupe n’est pas au programme ! On peut comprendre cette posture car elle est rassurante au démarrage : je prépare mon intervention, j’expose les choses…

L’apport du numérique se fait pas à pas. Le premier outil (bien perçu) est le diaporama. C’est vrai qu’il correspond à la posture évoquée plus haut. Je projette mes diapositives, je les commente, je peux lancer des questions/réponses. Je domine la situation…

Lorsque le formateur dit : « Et si quelques diapositives étaient à compléter par votre public, ou certaines à créer et à ajouter au diaporama ? Et si vous veniez au tableau les vidéo-projeter ? »

Déclic

À ce moment-là, il y a un déclic qui s’opère : ils prennent conscience que les apprenants peuvent agir, produire, exposer.

On oublie souvent que les outils bureautiques, utilisés par tout un chacun, sont aussi des outils pédagogiques puissants et qui ne marchent pas que dans le sens formateur/formé.

Le formateur s’appuie sur des ressources (textes, sites, images, vidéos…) présentes sur le toile. Les participants voient très vite que ce réseau est un fournisseur extraordinaire de contenus dont on peut s’emparer pour bâtir les activités proposées.

>> Moment où il faut parler du droit d’auteur, mais n’allons pas trop vite !

Je ne peux pas m’empêcher de repenser à ma classe rurale multi-niveaux (de la maternelle au CM2), dont j’ai eu la responsabilité durant trois mois (stage en responsabilité) lorsque j’étais élève instituteur. J’avais vingt ans et je ne savais plus trop où j’étais. Il m’a fallu du temps, des conseils d’enseignants tuteurs, du travail, de l’imagination !

Quel beau métier !

Une chronique de Jacques Cartier

www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.euespace-formation.biz

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