Vous me ferez bien une petite carte ?

L’aventure de la carte mentale

Lorsque je regarde l’article de Wikipédia consacré aux cartes mentales, je reconnais que je prends mon courage à deux mains : fuyons !

mindmap

Très à la mode aujourd’hui, les cartes heuristiques commencent à envahir les manuels scolaires. La plupart sont des parodies, avec leurs aspects rectilignes, leur verbiage.

Pourtant, la carte heuristique, ou mind map, peut être une aventure simple, colorée et surprenante. Depuis dix ans, je propose à mes élèves des fiches « Carte mentale » pour réaliser une biographie, commenter une photographie ou apprendre une leçon.

Je ne prétends pas révolutionner l’affaire. J’applique seulement les principes de base de Tony Buzan, tel qu’il les énonce dans cette vidéo. Un format à l’italienne, un titre au centre et trois à quatre branches sinueuses, chacune ayant une couleur propre, qui rayonnent en partant du côté droit, en haut. Un mot. Des dessins.

Aujourd’hui, je perçois toujours le refus de certains élèves pour qui dessiner un cours, ce n’est pas sérieux et encore moins travailler. Je suis fier de voir d’autres élèves, que je n’ai qu’en club, se saisir d’une feuille et dessiner leur projet, un article sur les végétaux, un projet d’interview… Je les regarde faire. Cela manque de couleurs, mais ils ont compris le sens. Ils élaborent des cartes complexes avant de rédiger leur texte.

Tous différents

Le principal obstacle à ce travail est une vieille angoisse de l’élève : ne pas avoir la même chose que son voisin. Je l’avais déjà rencontrée lorsque je faisais faire des résumés à partir du manuel : pourquoi vous dites que mon travail est bon alors que j’ai moins écrit que Brutus ? Pourquoi ma carte heuristique est-elle bien alors qu’elle est différente de celle de César ? Long, lent travail de persuasion, de réassurance. Au moins, lorsqu’ils m’ont vu faire des dessins, ils ont été très vite décomplexés. Pour le reste, il faut être patient.

L’offre en logiciels est pléthorique. En classe, à la volée, j’utilise XMind. La version gratuite est riche, permet même de faire des diagrammes d’Ishikawa. Elle produit des dessins horizontaux, en ligne. Pas très Buzan, mais très adapté au TBI : les élèves voient bien le schéma. À droite, une fenêtre affiche la carte sous forme de texte. Très intéressant pour « prouver » qu’une carte heuristique, c’est un texte dessiné. Autrement, il y a le projet Freeplane. Simple, coloré. Un vrai régal. À réserver aux impressions car peu lisible sur un tableau (surtout si la carte est grande). Et puis, il y a la dimension supérieure : la limousine. TheBrain. Il transforme votre ordinateur en une gigantesque carte mentale. Bluffant. Onéreux également. Et puis, il y a Inspiration. Pour une cinquantaine d’euros, on obtient désormais un logiciel uniquement en anglais (les Canadiens ont abandonné ce logiciel), mais extrêmement souple, complet, avec un export bluffant vers Word. Je suis un inconditionnel de ce logiciel car il est infiniment ductile, permet de travailler sur un gros projet ambitieux, comportant de multiples liens et notes, comme sur un projet mené par un enfant de six ans.

Alors, à vos crayons ! L’origine et les effets des migrations, Rome entre mythe et archéologie, Maupassant ou le romantisme, il y a énormément de portions du programme qui se prêtent à la carte heuristique.

Une chronique de Philippe Crémieu-Alcan

Commentaires

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3 commentaires

  • Merci pour cet article qui me paraît pouvoir rendre de grands services pour aider à différencier les approches pédagogiques et tenir compte de la diversité des modalités d’apprentissage des élèves. Avec ma collègue Véronique Garas nous expérimentons depuis 2007 des mises en oeuvre de la théorie des « Intelligences Multiples » d’Howard Gardner en école maternelle, élémentaire et collège. Nous avons publié des propositions de « modules » dans « Guides pour enseigner autrement » aux éditions Retz. Nous réécrivons en ce moment le livre destiné au cycle 3 pour une mise à joue et tenir compte du nouveau cycle 3.
    Claudine Chevalier
    professeur de mathématiques, formatrice honoraire à l’ESPE-Université Paris Est Créteil

  • Connillière Marie-Laure dit :

    Alors moi, PLP2 lettres-anglais en lycée pro, je suis pro-cartes mentales! Que ce soit en français avec mes 3ièmes PEP (sur une classe de 19, seuls 4 élèves ne nécessitent pas d’aménagement) pour mémoriser les grandes lignes d’une séquence, ou en anglais comme support pour la production orale en autonomie, c’est une aide précieuse et les élèves ont plaisir à créer la leur. J’ai même une séance prévue en début d’année pour leur en expliquer le fonctionnement et la mise en application en salle info. Mais ça doit rester simple et clair: plus il y a de ramifications, plus l’élève en difficulté se perd! Personnellement, je prône l’utilisation de text2mindmap et de framindmap , gratuits et ne nécessitant pas de téléchargement; il suffit de faire « impression écran » et un copié collé dans paint, et le tour est joué!

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