Vous le valez bien !

Résolution 1 : ne pas se laisser démoraliser

Vous êtes bien sur le site du PJP et pas sur celui de L’Oréal, et il n’y a qu’à espérer que le site qui accueille cette chronique ne reçoive pas une injonction de la firme qui vous rend plus beaux, plus belles. Ces quelques mots pour vous dire que vous le valez bien, au sens propre comme au figuré. Trop souvent mal traités, méprisés, vous méritez que l’on rappelle, si besoin en était, votre action au quotidien pour la nation.

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Je vous vois, dans les réunions parents-professeurs, quand vous emmenez mes enfants au théâtre, quand vous leur faites découvrir l’escalade ou ce vieux film, légende du cinéma français. Vous faites partie du quotidien de mes enfants, avec vos leçons qui marquent leur quotidien, vos exigences si précieuses en ces temps de bouleversements sociologiques. Vous êtes là, entre le marteau d’une société qui vous juge, souvent mal, et l’enclume des élèves, même si, s’agissant d’eux, l’attitude est beaucoup plus compréhensible. À l’heure où l’ascenseur social se grippe, vous avez du mal à exiger que vos leçons soient apprises. À l’heure où Wikipédia débarque dans votre salle de classe en une demi-seconde, vous avez du mal à convaincre qu’il faut avoir du sens critique, du recul, de la hauteur sur les informations qui nous entourent.

Pourtant, comme un seul homme, vous êtes là, intimement convaincus de la noblesse de votre tâche, et à raison ! Ne laissez pas les Cassandre de tous bords, supérieurs qui alourdissent encore les difficultés administratives, ou comptable qui vous dit qu’il n’y a plus d’argent pour le bus que vous réclamez pour cette sortie pédagogique alors qu’il vient de faire refaire son bureau. Ne les laissez pas vous empêcher de faire ce voyage à Auschwitz, ou monter cette pièce de théâtre qui aura un succès fou (ou pas). Vous aurez sans doute à essuyer les sarcasmes des ignorants qui vous renvoient à vos seules vacances, comme si vous aimiez votre métier pour les moments où vous ne le faites pas. Aujourd’hui plus qu’hier, votre mission est centrale, les enjeux sont colossaux et vous le savez sans qu’on vous le dise.

Résolution 2 : réclamer la reconnaissance méritée

Vous le valez bien, alors n’ayez pas honte de demander une rétribution honorable, même si elle ne couvre pas le temps infini que vous passez chez vous, en famille, dans vos moments de temps libre, à peaufiner cet atelier formateur, à contacter ces intervenants pour vos EPI, TPE ou TIPE. On vous répète trop souvent que vous ne créez pas de richesses pour étouffer toutes vos demandes. La mise en germe de ce que vous semez ne sera récoltée que plus tard, et pas par vous. Il ne s’agit pas de vous plaindre, d’ailleurs vous ne vous plaignez pas, même si l’on vous fait trop souvent passer pour des capricieux qui ne sont jamais sortis de l’école. Vous avez trop accepté d’être dévalorisés, quelquefois par vos parents qui vous disaient : « Enseignante, tu auras du temps pour tes enfants. » Ou encore par votre supérieur qui vous infantilise avec des : « Vous avez déjà beaucoup de chance d’avoir un travail. » N’ayez cure de cela, et, dans ce monde libéral que vous maîtrisez mal, car clairement le moteur économique n’est pas celui qui vous anime, osez considérer que vos actions ont de la valeur. Sur le marché de l’offre et de la demande, votre engagement, votre humanisme, votre dévouement ont de la valeur. Il ne s’agit bien évidemment pas de réclamer des cachets de starlettes hollywoodiennes, mais pas non plus de vous reléguer au deuxième plan. On vous a trop appris à vous taire, tout en vous faisant passer pour des conservateurs, étrange contradiction !

Résolution 3 : garder l’humour et la fierté

Vous avez d’ailleurs beaucoup d’humour comme je peux le lire à travers vos chroniques. Vous savez répliquer habilement aux persifleurs, sournois personnages, qui tentent de vous rabaisser, de vous cantonner au rôle de professeur porte-manteau que l’on mettrait le vendredi soir dans le vestiaire de l’école et que l’on ressortirait le lundi matin. La crise des vocations n’est pas un vain mot quand on sait le mal qu’a l’institution à vous recruter.

Alors aux futurs enseignants, comme aux jeunes collègues et à tous ceux qui appartiennent à cette belle famille de l’éducation, ne rougissez pas d’en être, soyez fiers comme vous l’êtes souvent déjà. Cela ne vous empêchera pas de douter encore et encore sur vos enseignements, car vous vous remettez en cause et c’est bien. Mais soyez fiers de ce beau métier que vous faites, de ces changements que vous accomplissez tout au long de vos carrières. Et même si le cinéma préfère encore le policier, super-héros qui arrête les méchants, quelques films encensent votre profession qui le mérite.

Bonne année à tous.

Une chronique d’Octave

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