Elle court, elle court… la solidarité !

Ça bouge au collège !

Ce n’est pas pour me vanter, mais j’ai la chance d’avoir à mes côtés de formidables collègues, prêts à tout pour faire vivre les apprentissages et rendre l’école dynamique et attractive. Dans mon collège, ça bouge dans tous les sens ! Je pourrais vous fournir des dizaines d’exemples. Je m’en tiendrai au dernier en date. Encore une expérience qui fut un régal (c’est là que j’arrête de faire de la « promo », c’est promis).

cross-college

Au mois de novembre a lieu un événement incontournable au bahut : le cross du collège. Bien sûr, c’est toujours une occasion de se rassembler, de se dépasser. Une bonne ambiance règne généralement, les élèves se déguisent et sont euphoriques, les professeurs s’affairent pour tout organiser… Cependant, le constat est chaque année le même : les élèves les moins sportifs rechignent, marchent sur le parcours, et se voient découragés par leur performance individuelle. L’estime de soi en prend un coup !

Oui, mais cette année, ce fut DIFFÉRENT. La performance individuelle laissa place au travail d’équipe ; l’individualisme à la solidarité, sous l’impulsion d’une collègue d’E.P.S. – la meilleure 😉 – et de son équipe. Un cross solidaire au collège, quelle expérience !

Le principe du cross solidaire

Au début, c’est vrai, il a fallu intégrer les modalités de ce nouveau cross. Et l’équipe enseignante, qui participait aussi à l’organisation, fut assez perplexe.

C’est le principe d’un relais. Chaque classe, pourvue d’une chasuble de couleur, court pour effectuer le plus grand nombre de tours de circuit, dans un temps limité. Il doit y avoir toujours au moins 8 élèves sur le parcours. Lorsqu’un élève de la classe achève un tour, il passe le relais à un autre en ôtant sa chasuble et en la lui donnant. Des professeurs, perchés, comptent le nombre de tours effectués par chaque classe, durant les 20 ou 30 minutes allouées. Un élève doit avoir fait au minimum 1 ou 2 tour(s) (suivant la classe d’âge) et au maximum 5 tours.

Ainsi, chacun participe suivant son potentiel, et la classe met en place une stratégie de groupe, afin de courir la distance maximale, et remporter la victoire.

Quelle après-midi !

Dans les faits, voici ce que cela a donné, de mon point de vue de prof de français et professeur principal d’une classe de quatrième à sections.

12 h. Le cross est déjà dans tous les esprits. Mes collègues d’E.P.S. sont sur tous les postes. Ils achèvent l’organisation de l’événement. Cette année, premier changement, une dizaine de professeurs et personnels du collège courent aussi (dont moi) !

Les élèvent déjeunent puis les premiers se préparent déjà, ils se déguisent. L’ambiance dans la cour est survoltée, cela promet une belle réjouissance.

13 h. En salle des profs, on révise l’organisation, on se prépare aussi. Jamais on n’aura vu tant de collègues en tenues sportives ! Le temps est mitigé. Peu importe, je revêts un vêtement de pluie, prête à affronter ce test grandeur nature.

14 h. C’est le départ pour le stade. Je fais l’appel de la classe de 4e que je dois prendre normalement en charge à cette heure. Nous sommes les premiers à partir. Sous le préau, je signe quelques tee-shirts. Les élèves sont chaleureux. L’ambiance est conviviale.

14 h 15. Les classes sont installées dans les tribunes. Nos élèves sont électriques. Ils jouent à se huer, scandent des slogans imaginés pour l’occasion. C’est un peu comme si une grande rencontre se préparait.

C’est alors que les classes de 4e sont appelées pour le départ. Je me mets au niveau des barrières et j’accueille ma classe. Je les sens surmotivés. Le matin même, nous avons fait « vie de classe ». Ce fut l’occasion d’évoquer l’importance de se soutenir les uns les autres, dans l’effort. J’espère qu’ils auront retenu la leçon. Certains me demandent de rappeler les règles. Je me sens un peu « coach », et j’aime cela.

C’est le départ. La boucle fait 700 mètres, et déjà, les premiers élèves reviennent. Au loin, ils sont encouragés par les autres. Je me prends aussi au jeu… je hurle des encouragements frénétiques. Lorsqu’ils se présentent à la barrière pour le relais, nous devons noter au feutre leur passage sur leur main. C’est l’occasion de manifester notre fierté aussi. Chaque professeur principal a répondu présent et coache « son » équipe.

Vingt minutes plus tard, c’est déjà la fin. « Ma » classe arrive en deuxième place, en retard de deux tours. Chacun a couru suivant ses moyens, personne ne s’est plaint. Ils sont un peu déçus, mais pas dépités. Je les félicite pour leur performance collective. Tous se sont soutenus.

Jusqu’à 16 h, chaque classe d’âge court, encouragée par les élèves restés dans les tribunes, les professeurs sur le parcours, ainsi que des parents d’élèves et ex-élèves qui se sont déplacés pour l’occasion. Je papote avec mes élèves de 3e, avec mes collègues. J’aime cette ambiance détendue.

Vient le tour des 3e, justement. Et nous, professeurs et personnels, nous courrons en même temps.

Je m’échauffe. Je stresse un peu. Il va falloir assurer quand même, tenir la distance. Pour soi, pour l’équipe et pour ne pas être ridicule. Les professeurs d’E.P.S. courront avec nous. Quelle belle image pour nos élèves ! Chacun au même niveau devant l’effort.

C’est parti. Nous trichons un peu. Le premier tour, nous le faisons tous en même temps, sans relais. Rapidement, nous sommes encouragés par nos élèves sur le parcours. Le premier tour est difficile, puis vient le second, plus aisé… nous sommes échauffés. Nos élèves de 3e nous doublent. Nous ne faiblissons pas. Troisième tour… c’est alors qu’une horde d’élèves se place autour de ma collègue de maths, ils courent avec elle pour l’encourager, refont le parcours par solidarité. D’autres font une haie d’honneur, nous tapent dans les mains lorsque nous les croisons.

C’est là que je me dis que le pari est gagné. 

16 h 50. Les installations sont rangées à vitesse grand V par les élèves. Ils repartent avec le sourire. Pas de blessure (enfin… presque), pas de pleurs. Ils nous félicitent même pour notre performance.

Et moi, je rentre chez moi en me disant que j’ai passé des heures mémorables en compagnie de mes élèves et de mes collègues.

Et je sais qu’avec une telle équipe, ce ne sont pas les dernières ! 

Une chronique de Marine Vendrisse

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