Comment enseigner dans ce monde de brutes avec un peu de douceur?

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Cette question je me la pose de plus en plus et me la pose davantage encore ce soir en sortant d’une heure de réunion préparatoire au PPMS (Plan Particulier de Mise en Sûreté).

Préparer les enfants à une éventuelle improbable attaque « attentat-intrusion »…

Sommes-nous dans le cadre d’un Enseignement Civique et Moral ?

D’un côté, l’école leur apprend à devenir de bons petits citoyens du monde, de leur ville et de l’école. Tandis, qu’à côté d’eux, autour de cette même école, de monstrueux inciviques personnages peuvent faire voler en éclats cette « Dame liberté » qu’on leur vend et qu’on leur apprend à défendre !

Je suis un peu perdue, je dirais même très en colère !

Mais c’est bien, je sais « Identifier et partager des émotions, des sentiments dans des situations diversifiées ».

Il me faut aussi apprendre à mes élèves à « accepter les différences » entre les êtres vivants.

Mais non, pas celle-là ! Pas celle qui tue ou terrorise, pas cette différence qui ne supporte pas les différences et se fait « tri sélexplosif » au milieu d’une marée humaine !!

Perdue au milieu des notions de Fraternité, de Liberté, de Tolérance, je cherche encore quelle place accorder à ce fameux PPMS et comment l’aborder en douceur …

 Peut-on leur dire qu’il s’agit de « s’impliquer progressivement dans la vie collective à différents niveaux » au même rang que l’Aide aux Premiers Secours ?

Non, ça n’est pas une assistance à personne en danger mais une assistance aux personnes qui sont sensées nous porter secours. Trop complexe.

Ou encore : « Coopérer en vue d’un objectif commun. » ?

Mais quel objectif ?

Exterminer l’inhumanité chez certains êtres vivants dépourvus de respect pour la vie et la liberté d’autrui !

Réaliste mais peut-être un peu trop « cru » ?

 

Peut-être s’agit-il tout bonnement d’ « apprendre à coopérer », sans rentrer dans les détails. Et il vaut mieux peut-être aussi contourner ces détails sans jouer à la surexposition comme le font les médias pour faire de l’audience avec surenchère sur l’effet catastrophisme.

Comment enseigner …

dans ce monde de brutes ,disais-je,

avec un peu de douceur?

Certes, il ne s’agit pas d’élever nos élèves dans un monde de Bisounours mais tout simplement de leur préserver encore quelque temps cette part de Liberté qu’ils gardent dans leur jeunesse ainsi que cette naïve joie de vivre qu’ils transportent avec eux et partagent avec nous au quotidien. Cette fraîcheur qui fait sans doute que nous prenons plaisir à enseigner auprès d’eux plutôt qu’auprès d’adultes.

Pour cela, j’ai décidé de faire des choix pour préparer mes élèves à un PPMS en saupoudrant le tout d’un peu de douceur :

  • ne pas parler d’attentats et de terroristes cruels et sans pitié garnis de bombes,
  • préférer parler « d’exercices de protection » contre un tremblement de terre ou une tempête extérieure (le feu : on sort ; le vent, les tremblements de terre : on reste dedans),
  • valoriser le respect des « règles de sécurité » travaillées auparavant : impliquer les enfants en leur donnant une grille d’autogestion/autoévaluation des critères de sécurité (marcher, ne rien emporter, se taire, garder son calme…),
  • enseigner des techniques pour garder le calme (cf : calme et tranquille comme la grenouille, le rôle de la respiration),
  • travailler la confiance en l’adulte et envers les autres : en étudiant la communication par les gestes (comme le code des plongeurs en mer),
  • récompenser l’aptitude de chacun à gérer ses émotions face à une situation « extraordinaire » : par un diplôme, une carte…

 

Quelle que soit notre manière d’aborder un PPMS, l’essentiel est que la mise en sécurité des élèves soit efficace. Mais si, de surcroît, il est possible de faire de ces moments de mise en scène des instants d’apprentissage positifs plutôt que des moments de peur et de psychose faisant craindre pour leur avenir, alors, je vous encourage, vous aussi, à mettre un peu de douceur dans ce monde de brutes…

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

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5 commentaires

  • Sakhoun Julia dit :

    J’ai ADORE cette rubrique et désormais j’y vois plus clair moi aussi.
    La mise en place du PPMS était pour moi source de pression (voire d’énervement) quand je devais mettre mes élèves en situation et que je les voyais glousser nerveusement sans réussir réellement à leur apporter les bons arguments pour le prendre au sérieux sans les effrayer. Je me sentais démunie face à un exercice qui nous était encore une fois imposé. Désormais les choses sont toutes autres.
    Merci infiniment pour tous tes conseils que je vais m’empresser de mettre en pratique.
    Le PPMS prend désormais une autre dimension à mes yeux.
    Je vais de ce pas me renseigner sur le « calme de la grenouille » (que j’ai déjà vu sur la porte d’un classe en formation TNI sans trop savoir sa signification et les exercices allant de paire) et sur les gestes des plongeurs en mer. MERCI…..

  • Claire MAURAGE Claire MAURAGE dit :

    Merci pour ces mercis !! J’ai réalisé des documents pour préparer aux gestes de plongée ainsi que pour « évaluer sa capacité à rester maître de soi ». Si cela vous intéresse, je peux les partager. Dans ce cas laissez-moi votre adresse mail pour pouvoir vous envoyer tout cela. C’est aussi dans ce but que j’écris mes chroniques : partager ses connaissances et ses idées.
    Bonne route !
    Claire

  • Gély dit :

    Merci pour ce partage :))
    Je suis preneuse des docs.
    Bonne journée Magalie

  • pseudo dit :

    Je serais intéressée par vos documents pour rester maître de soi
    Merci d’avance
    Notre exercice intrusion est mardi 18 octobre

  • Claire MAURAGE Claire MAURAGE dit :

    Bonjour, je suis désolée je n’avais pas vu vos demandes… Je n’y accède qu’aujourd’hui ! Il n’est pas encore trop tard ! Plusieurs exercices de PPMS sont à réaliser dans l’année. Je peux donc vous envoyer mon document PDF. Dans ce cas, envoyez-moi un mail sur mauclai@hotmail.com.
    Bonne réception et à bientôt !

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