Enfant, je me souviens…

En partenariat avec Le Livre de Poche

enfant

 

Le Livre de poche, en partenariat avec l’UNICEF, vous annonce un heureux événement : la naissance du recueil de nouvelles, Enfant, je me souviens…

Date de naissance : le 11 mai 2016

Poids (économique) : 5 euros (dont 1,50 euro reversé en don à l’UNICEF)

Taille : 192 pages

Une ode polyphonique à l’enfance, mais aussi à l’enfant qui perdure en chaque adulte ! La lecture de ce livre est une ronde des souvenirs d’autrui qui fera valser votre propre mémoire. Entre le match de basket, la rencontre d’un chanteur célèbre, les vacances, le jeu du Scrabble ou la mystérieuse affaire du tueur au stylo Bic, les écrivains célèbrent tour à tour, en quelques pages, la force d’un moment de naïveté cristallisé à tout jamais !

De nombreux auteurs francophones s’attellent à la tâche ardue du récit d’un souvenir : Agnès Abécassis, Isabelle Autissier, Laurent Binet, Didier van Cauwelaert, Maxime Chattam, Matthieu Chedid, Philippe Claudel, Jacques Expert, Jean-Louis Fournier, Hélène Grémillon, Philippe Grimbert, Alain Mabanckou, Oxmo Puccino, Romain Puértolas, Tatiana de Rosnay, Éric-Emmanuel Schmitt, Sigolène Vinson. Bref, de grands écrivains contemporains pour célébrer de petits souvenirs d’antan…

Dans la préface, Catherine Dolto évoque sans ambages ces « impostures nécessaires » qui permettent à chaque être de se construire sur une mythologie de souvenirs, forcément reconstruits a posteriori. Toutefois, ces impostures romanesques sont peut-être tout aussi authentiques que la sèche véracité des faits… Sont-ce les faits eux-mêmes ou les récits truculents de ces souvenirs qui s’approchent au plus près de l’être ? L’auteur de la préface synthétise avec justesse cette ambiguïté du souvenir : « Nous savons maintenant que se souvenir, ce n’est pas sortir un fichier d’une boîte d’archives, mais rebâtir des circuits neuronaux qui réinventent le souvenir. » Ces récits de souvenirs constituent « l’humus affectif » sur lequel croît chaque individu.

Et si on le lisait en classe ?

Cet ouvrage est conforme aux préconisations du nouveau programme de français de 5e qui entrera en vigueur à la rentrée 2016. En effet, la thématique « Vivre en société, participer à la société, avec autrui : familles, amis, réseaux » invite à s’interroger sur le sujet des souvenirs. Le programme suggère d’ailleurs l’étude « d’un groupement de textes ou des extraits de récits d’enfance et d’adolescence, fictifs ou non ». Enfin, ce livre peut également constituer un appui important pour diversifier l’étude de la thématique « Se chercher, se construire : se raconter, se présenter ». On peut même envisager d’approfondir la réflexion sur le genre (auto)biographique par le truchement de l’étude de morceaux choisis de la préface du recueil.

Rappelons que 124 millions d’enfants ne bénéficient toujours pas du droit à la scolarité… La lecture de ce recueil est un bon moyen de militer en faveur de la démocratisation de la culture tout en remettant l’enfant au centre des préoccupations ! Une plongée philanthropique au cœur de l’intime d’Autrui…

Une chronique de Karel

Commentaires

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1 commentaire

  • SAMUEL dit :

    Bonjour,
    Je crains d’être, une fois de plus, déçu par la lecture de ce document.
    Pourtant le sujet est fondamental et particulièrement riche. Encore faudrait-il se démarquer d’abord des versions officielles et cesser d’être manichéen :
    – ce n’est pas du manque d’école dont les enfants souffrent le plus mais du manque de famille,
    – ce n’est pas de diplômes dont ont le plus besoin les enfants non ou peu scolarisés et les pays où ils vivent, c’est d’autonomie alimentaire,
    – ce n’est pas honnête mais très préjudiciable à l’humanité de cacher ce que l’école a de néfaste,
    – etc…
    Simple rappel : à l’issue d’une quinzaine d’années de collectivité/école, 43 % des 15/18 ans se déclarent en souffrance psychologique (consultation UNICEF 2014)
    Ainsi que mon texte de l’époque ci-dessous :

    LES MOTS POUR NE PAS DIRE.

    Le langage, meilleur outil à la disposition des manipulateurs.

    « Cela réveille chez tout parent et chez tout thérapeute la grande question de la différence entre ce qui est donné à voir et ce qui se passe vraiment. »

    En lisant ces deux premières lignes de la contribution en forme de commentaire de Catherine DOLTO au rapport UNICEF sur la santé psychique des 6-18 ans je me suis réjouis pensant qu’elle avait bien compris que « ce qui est donné à voir », autrement dit, ce qui a été choisi par les communicants pour être montré, n’est souvent pas la réalité mais au contraire une belle et bonne manipulation.

    Car le rapport UNICEF montre une réalité complètement différente de ce qui était « donné à voir » jusque là et qu’il était convenu, ou plutôt obligatoire, d ‘accepter comme vrai.
    Ne voila-t-il pas en effet qu’Unicef révèle crûment que les adultes ont failli et qu’en conséquence les enfants et ados, en immense solitude, souffrent et se suicident. Le rapport parle enfin VRAI et dit « ce qui se passe vraiment » alors que les communicants manipulateurs « donnent à voir » depuis des décennies de fausses informations dans le but d’imposer leurs vues d’un monde à leurs pieds.

    Quelques exemples de ces fausses informations répandues dans le passé pour « donner à voir » :

    « Chacun s’accorde à reconnaître que les crèches, les jardins d’enfants, classes passerelles etc. correspondent très exactement aux besoins. »
    (Claire BRISSET) ;
    « Vôtre enfant ne sera pas socialisé si vous ne le mettez pas en collectivité dès le berceau .  Il faut l’habituer très tôt à la crèche pour qu’il accepte ensuite facilement la maternelle. »
    (répété pendant des décennies et devenu une vérité première) :
    « Si vôtre enfant pleure en collectivité c’est parce que vous n’êtes pas zen. Soyez heureuse et fière de vous séparer de lui, il sera de même fier et heureux. »
    (idem) ;
    « Etc… ».

    http://www.unicef.fr/userfiles/Consultation_2014.pdf

    Ce qui se passe vraiment dénoncé par l’UNICEF et C. DOLTO :

    une immense solitude,
    l’alcool, la drogue,
    le désarroi qui étouffe le désir de vivre,
    l’insécurité affective et sociale,
    la lèpre des vies intimes,
    la pensée du suicide pour 28,1 %
    la souffrance majorée dans les familles mono et recomposées,
    des parents faillis et des enfants floués,
    un échec cuisant,
    à la dérive,
    prêts à se briser,
    proies fragiles,
    qui payent un lourd tribu,
    peur de l’échec scolaire,
    peur de l’avenir,
    sentiment d’impuissance.

    Les adultes ont failli. C’est un constat. Pendant des décennies ils ont fait vivre les enfants dans des conditions pathogènes, maltraitantes, inadaptées à leurs besoins, à leur nature d’enfants humains.
    Les parents auraient-ils trahi sciemment leurs enfants ? Non, ils ont seulement été complaisants à l’égard des manipulateurs qui se présentaient généralement sous les traits de spécialistes de l’enfance. Et ils ont été d’autant plus facilement complaisants que ces manipulateurs leur proposaient de les libérer de leurs tâches domestiques, préalablement et soigneusement avilies.

    Les campagnes de propagande de ces manipulateurs étaient par ailleurs savamment organisées et soutenues par le Pouvoir. Elles ont déferlé comme un raz de marée sur la population entière.
    En aucun cas nos idéologues manipulateurs soixante-huitards, féministes et surconsommateurs ne pouvaient laisser voir les conséquences désastreuses sur les enfants de la « libération » des parents. Ils étaient contraints aux mensonges.

    A priori, Catherine DOLTO ne semble pas être dans la dépendance des manipulateurs. Quelle est sa position par rapport à ces révélations  de l’UNICEF ? Va-t-elle en tirer toutes les conclusions, c’est à dire d’abord recommander de s’attaquer à l’identification des pratiques pathogènes des adultes ?
    Que va-t-elle proposer à la suite de la déclaration prometteuse qu’elle inclut dans son texte, : « Nous avons tellement banalisé ces modes de vie -séparation des couples- qu’il est maintenant ringard de valoriser une famille unie rassemblée sous le même toit. » ?

    Lisons la suite de sa participation  (légèrement allégée par moi) pour le savoir.

    « UN RELATIF CONFORT MATERIEL MAIS UNE IMMENSE SOLITUDE.

    « Quand, pourquoi, comment faut-il s’alarmer ? Sous la sérénité apparente d’une vie qui semble protégée se cache l’alcoolisme, la drogue, le harcèlement et surtout, masquée par toute une trame serrée de relations sociales entre jeunes, et entre jeunes et adultes tutélaires, une immense solitude, un désarroi qui étouffe insidieusement le désir de vivre.

    « DES VIES INTIMES FRAGILISEES PAR L’INSECURITE AFFECTIVE OU SOCIALE.

    Derrière des vies qui apparaissent très privilégiées en regard de la majorité des enfants du monde, on retrouve, dissimulée par l’accès à internet, aux livres, aux lieux de loisir, aux gymnases, la lèpre des vies intimes fragilisées par l’insécurité affective ou sociale. L’indice global de souffrance psychologique montre que 36,3 % des enfants se sentent en difficulté psycho affective au point que 28,1 % pensent parfois au suicide parmi lesquels 10,8 % ont déjà fait une tentative. Le désir de mourir frôle de son aile noire trop des adolescents qui nous entourent.
    ….un enfant se construit à travers les liens qu’il tisse avec ses entourages multiples, famille, école, réseaux sociaux, quartier etc…chaque lien compte….les liens entre ces différents mondes sont essentiels. Les manques et souffrances de l’un peuvent être compensés, voire corrigés, par les autres et c’est là que la société doit jouer son rôle.

    « NOTRE RESPONSABILITE EN TANT QU’ADULTES ACCUEILLANTS.

    Ce qui ressort avec évidence c’est la plus grande souffrance des filles et des enfants vivant avec un seul parent ou dans une famille recomposée et, bien sûr, l’incidence de la précarité matérielle qui s’accroît au moment de l’adolescence. Mais tout le reste compte aussi beaucoup….
    ….j’éprouve le sentiment que nous avons failli et qu’ils sont floués. Que nous ne soyons pas capables de leur donner le goût d’apprendre et de penser…est un échec cuisant. Les sommes investies dans l’éducation et la prise en charge des enfants sont considérables, nos capacités de les maintenir en bonne santé sont efficaces et pourtant un trop grand nombre d’entre eux se sentent à la dérive dans le tournant de l’adolescence. Pouvons-nous continuer à accepter, comme si de rien n’était, de les voir si nombreux prêts à se briser, proies fragiles qui se débattent pour trouver une place au monde dans laquelle ils auraient le sentiment de leur dignité ? Nous ne leur faisons pas cette place. Et ce sont les filles qui sont les plus exposées, comme dans le monde entier et de tous temps, les femmes payent leur féminité dans leur chair et au prix fort.

    « CE N’EST PAS DU MODELE FAMILIAL QUE NAÎT LA SOUFFRANCE.

    Il n’y aura pas de retour en arrière, les couples vont continuer à se séparer et les familles à se recomposer, de nombreux enfants vont continuer à vivre seuls avec un parent. Le plus souvent une mère, en situation précaire. Nous avons tellement banalisé ces modes de vie qu’il est maintenant considéré comme ringard de valoriser une famille unie rassemblée sous le même toit. C’est oublier que du point de vue des enfants rien de tout cela n’est banal et qu’ils payent un lourd tribut en souffrance psycho affective à ces nouvelles manières qu’ont les adultes de chercher un bonheur, toujours espéré, souvent différé. Dans l’histoire de l’humanité, les manières d’organiser les liens familiaux sont multiples comme l’a magistralement démontré Maurice GODELIER.
    Ce n’est donc pas du modèle familial lui-même que naît la souffrance, mais de la manière dont il est vécu et regardé par la société et par les tensions, l’isolement et la solitude qu’il génère.

    « REPENSER NOTRE MANIERE D’ACCUEILLIR CE TRESOR.

    Nous avons collectivement à repenser, et de manière urgente, notre manière d’accueillir et de scolariser ce trésor que représentent les jeunes de moins de 9 mois à 25 ans. C’est à travers la lutte contre la précarité et pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes qu’il faut agir, bien sûr. Mais au-delà c’est toute notre façon de les considérer, notre manière d’être face à eux, dans nos tâches de transmission et d’éducation comme dans nos gestes les plus quotidiens, qu’il s’agit d’infléchir. Soutenir matériellement les familles monoparentales, mais surtout créer des systèmes d’entourage, d’échanges et de soutien, quelque chose qui serait entre la famille et la tribu pour qu’un enfant ne se trouve pas seul en charge psychoaffective de son parent -car ces choses sont réciproques- , inventer des structure d’accueil d’urgence ou de moyen séjour, non médicalisées, pas ou peu judiciarisées, faciles d’accès, ou les jeunes et leur (s) parent (s) seraient accueillis, entendus et soutenus de manière souple, qui servirait de soupape, des zones tampon d’espace temps, offrant un répit dédramatisant aux parents et aux enfants.

    « VIVRE ENSEMBLE POUR FAIRE SOCIETE EST UN BEAU PROJET.

    …L’isolement est le premier dommage, quand il se vit dans dans un quartier insécur, dans la crainte de l’échec scolaire et la peur de l’avenir, le cercle vicieux enferme l’enfant dans un sentiment d’impuissance. Nous, adultes, tous, individuellement et collectivement, devrions tendre à devenir capables de montrer aux jeunes que vivre ensemble pour faire société est un beau projet. Partager, échanger, se consoler les uns les autres face à la difficile condition humaine, c’est un but qui donne sens à une vie. Le sens est un bon antidépresseur.

    Fin de la contribution de Catherine DOLTO.

    Le manipulation est évoquée d’entrée, ce qui est prometteur. Mais C.DOLTO se pose-t-elle les bonnes questions : qui donne à voir ? Que donne-t-on à voir ? Pour influencer qui ? Pour imposer quoi ? Comme elle est consciente du fait que ce qui est donné à voir est souvent très différent de la réalité, qu’apparemment elle n’est pas dupe des manipulateurs il est normal d’espérer qu’elle va sans doute dénoncer ces manipulateurs et leurs nuisances : imposture, mensonges, contre-vérités, distorsions des faits, rétention d’informations etc.. ..

    Malheureusement, il ne suffit pas de dénoncer les effets. Il est urgent de s’intéresser aux causes. Elle ne rappelle pas l’incidence des conditions dans lesquelles les nourrissons puis les jeunes enfants font le parcours des premières années de vie. Ces années sont essentielles pour la future santé psychique et la construction du cerveau et il ne fait pas de doute que le parcours que nous leur faisons subir est inadapté à leur âge et à leurs besoins. Les bébés allaités sont sevrés de force, réveillés de force (alors qu’avant l’âge de six à sept ans un enfant ne devrait jamais être réveillé), confrontés à vingt à trente enfants du même âge, troublés dans leurs figures d’attachement, non secourus par des adultes gardiens (parents ou professionnels) aux prises à la maison et à l’établissement avec des situations trop difficilement gérables, fatigués à l’excès, baignant souvent dans des climats tendus, stessés répétitivement, etc…etc…

    Malheureusement encore C. DOLTO ne semble pas du tout se rendre compte qu’elle obéit à des réflexes conditionnés en refusant instinctivement de s’en prendre à la nouvelle culture, à insister sur l’urgence qu’il y a à remettre en cause l’organisation sociale, les us et coutumes, l’évolution des mentalités. Elle va jusqu’à se renier elle-même, puisque, après avoir indiqué que la souffrance des enfants est majorée dans les familles mono et recomposées elle déclare que « ce n’est pas du modèle familial que naît la souffrance » ! elle enchaîne aussitôt en acceptant que les parents continuent à se séparer (elle accepte donc la souffrance des enfants). Elle rejoint ainsi Madame BERTINOTTI ancienne ministre (de la famille !) qui avait vanté devant le Sénat le modernisme de la famille prouvé par le fait qu’elle était multiforme et sécable, de sorte que  un quart des enfants ne vivaient pas avec leurs deux parents (bizarre,bizarre d’ailleurs, puisque presque la moitié des couples se séparent, c’est donc presque un enfant sur deux qui perd un parent), que un cinquième de ces enfants vivait dans une famille monoparentale et un neuvième dans une famille recomposée . Ceci dit elle avait affirmé que la famille restait le lieux de la protection et de la sécurité ! Pas moins. Être orphelin ou à demi orphelin serait un gage de protection et de sécurité pour cette personne alors en charge de la famille et donc des enfants ! de surcroît des statistiques ajoutent que les enfants vivant dans les familles recomposées seraient nettement plus exposées à la maltraitance, et sans doute aussi, aux climats familiaux tendus et perturbés.
    Rien n’arrête ces manipulateurs…

    Comme preuve de ce qu’elle avance : « ce n’est pas du modèle familial que naît la souffrance », C. DOLTO cite un seul historien présenté comme infaillible. Celui-ci semble cependant s’être borné à dire qu’il avait relevé sept formes différentes de familles sous d’autres cieux, ce qui ne réduit en rien la souffrance des enfants de France..
    Elle affirme aussi que les enfants « qui ne souffrent pas du modèle familial » souffrent « de la manière dont est vécu et regardé le modèle familial par la société et aussi par les tensions, l’isolement et la solitude qu’il génère ». En fait elle accuse les adultes autres qu’auteurs ou victimes ou sympathisants d’une séparation de couple, moi par exemple, d’être les responsables de la souffrance plus importante de ces enfants !

    Même en grande difficulté et tenue d’accepter les résultats de l’enquête UNICEF, C.DOLTO n’a aucunement l’intention de déplaire au camp des manipulateurs.
    Détourner l’attention des causes profondes pour inciter à traiter les symptômes est une technique très largement utilisée car c’est là le meilleur moyen pour maintenir les choses en l’état…
    A cette occasion encore, malgré la sincérité et la sévérité du constat dressé par le rapport UNICEF qui devrait à l’évidence mobiliser toute la communauté sans aucune exception : gouvernement, administrations, parents, professionnels, chercheurs etc… , ce sera la suite qui sera donnée.

    Que propose C. DOLTO ? De refuser les interdits ? de renverser les tabous ? de dénoncer les mensonges des manipulateurs ? Pour, enfin, faire les études qui s’imposent afin de connaître toutes les causes du désastre, causes qu’il s’agit ensuite d’éliminer sans faiblesse, quoi qu’il puisse en coûter à nos habitudes et à nos modes de vie ?

    Eh bien non, pas du tout. C.DOLTO ne propose rien qui soit susceptible de sauver ces enfants et les enfants des générations suivantes.
    Elle entérine d’abord la situation actuelle : « il n’y aura pas de retour en arrière, les couples vont continuer à se séparer et les familles à se recomposer, de nombreux enfants vont continuer à vivre seuls avec un parent. Le plus souvent une mère, en situation précaire. » On est tenté de formuler la suite logique : « tant pis pour ces enfants ».
    Ensuite elle propose,
    de repenser notre manière d’accueillir et de scolariser, changer notre façon de les considérer, notre manière d’être en face d’eux (en l’état de notre culture et sans mettre en cause notre civilisation c’est évidemment un vœux pieux).
    d’agir à travers la précarité (autre vœux pieux. Par ailleurs la maltraitance sévit dans tous les milieux et pas seulement dans ceux où règne la précarité)
    d’agir pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, bien sûr (cette notion de droits est abstraite pour les enfants. Par contre, ils ressentent très fortement la façon dont l’un de leurs parents est traité, respecté ou non respecté par l’autre à la maison, et de la même façon comment l’un et l’autre sont perçus à l’école et dans la société relativement à leur sexe).
    De soutenir matériellement les familles monoparentales (il faut traiter les causes qui provoquent le nombre élevé de ces familles et pas seulement les conséquences).
    De créer des systèmes d’entourage, d’échanges et de soutien, notamment pour empêcher qu’un enfant ne se trouve en charge de son parent (ici aussi on ne traiterait pas les causes),
    d’inventer des structures d’accueil qui serviraient de soupape, de zone tampon d’espace-temps offrant un répit dédramatisant aux parents et aux enfants (il me semble qu’il faut s’attaquer aux causes des drames et non installer des soupapes. Il faudrait, notamment, rétablir la prépondérance de la vie privée sur la vie professionnelle, c’est à dire retrouver une vie sociale riche).

    Elle termine sur un projet qui est de « proposer aux enfants le  vivre ensemble , partager, échanger, se consoler les uns les autres ».
    Vivre ensemble ! Mais c’est cela que demandent les enfants et que leurs refusent les parents ! Inutile de proposer, il faut réaliser. Sinon, c’est opter pour la méthode Coué, c’est garder toutes les maltraitances, c’est reconnaître les effets sans rechercher les causes et s’y attaquer, c’est refuser même d’admettre l’existence de ces maltraitances multiples  subies dès la naissance (la chambre séparée au retour de la maternité, les tensions des adultes, le sevrage forcé à la reprise du travail de la mère, le réveil forcé. l’impermanence et la multiplicité des figures d’attachement, et aussi des lieux, l’immersion contre nature dans la collectivité, le bruit, l’agitation, la sur-stimulation etc. toutes choses génératrices de stress).

    Hélas, C. DOLTO se conforme à un modèle très répandu.
    Plus timidement et partiellement que par l’UNICEF, les dégâts sociaux ont déjà été dénoncés en d’autres lieux, mais à chaque fois les réactions positives ont été phagocytées. Jamais une véritable action contre les maltraitances n’a pu se développer. Les manipulateurs y veillent férocement.
    Le rapport UNICEF restera lettre morte si nous ne sommes pas conscients de ce danger, si nous refusons de voir au nom de quoi la défense des enfants est toujours repoussée.

    Heureusement, une époque nouvelle naît envers et contre tout avec les progrès de la science et surtout des neuro-sciences. Il faut obtenir la diffusion de ces connaissances dans tout le corps social et d’abord au gouvernement jusqu’à ce que cette nouvelle donne, ce fond de connaissances indiscutable fasse taire les tenants de l’immobilisme, amène un changement des mentalités et provoque des modifications de l’organisation sociale.
    Des enfants enfin respectés dans leurs besoins seraient des enfants heureux. Et nous savons que les enfants heureux ne deviennent pas des parents maltraitants.

    Le 31 octobre 2014

    Raymond SAMUEL
    La Charge
    26190 LEONCEL

    Tél. : 0475440620
    Courriel : famiresam@orange.fr

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