Des chouchous ?!

Quels sont les vôtres ?

chouchou

« Non, mais de toute façon, Madame, lui, c’est votre chouchou. »

Comme si nous, enseignants, on avait des chouchous… Ah ? Un peu ? Rhoo ! Disons simplement que c’est comme dans la vraie vie, il y a des élèves avec lesquels le courant passe plus ou moins facilement.

Imaginez. Celui qui vous met votre cours à sac en moins de deux minutes parce que non il n’a pas envie de s’asseoir et qu’il est bien debout, et que de toute façon il n’a pas envie de travailler VS celui qui vous dit bonjour en entrant dans la classe et en s’installant tranquillement. Bon… de prime abord, comme ça, on aurait tendance à penser que le choix est assez vite fait.

Sauf que… pas si sûr.

C’est qu’on s’y attache à ces élèves qui, loin d’être angéliques, ne sont pourtant que des adolescents en construction, en recherche de repères. Et finalement, l’année avançant, on commence à s’apprivoiser. Parfois même, on commence à réussir à les faire travailler.

Je me souviens de cet élève, mois de novembre, classe de SEGPA en éducation prioritaire : « De toute façon, Madame, je vous aime pas !!! »

Et cette petite voix dans ma tête qui avait envie de répondre : « Moi non plus… », mais qui s’est simplement tue parce que jeune enseignante parachutée dans l’enseignement adapté, c’était quand même moi l’adulte. C’est qu’il était coriace celui-là. Quatre mois après, il se mettait au travail et son comportement dans mes cours avait drôlement bien évolué. Pourtant j’en entendais des collègues se plaindre de son attitude de jemenfoutiste, insolent, provocateur, non travailleur.

Et à la fin de l’année, sur une carte fabriquée par mes élèves pour mon départ, il a signé : « Vous allez nous manquer, vous étiez la meilleure prof ».

Alors oui, le jour de la rentrée, ce n’était pas mon élève préféré. Et pourtant un an après, c’est sans doute celui qui me reste le plus en tête.

Je me souviens d’elle aussi, qui envoyait tout valdinguer : ses cahiers, sa trousse et même sa table. Parce que c’était trop dur les maths et que de toute façon ça ne servait à rien. Puis, finalement elle a grandi et elle était sympa cette gosse.

Alors, chouchou ou pas chouchou, certains élèves nous reviennent plus ou moins bien. Mais en les encourageant tous, ils peuvent changer, et les noms dont on se souviendra, ce ne sont pas forcément ceux sur lesquels on aurait parié !

Une chronique de Segpaventure

http://lasegpaventure.eklablog.com/

 

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