Les devoirs en mode « Gravity »

Quel est ce scandale ? Des devoirs en apesanteur ? De mieux en mieux…

On est tous passés par là. On se dit qu’on n’arrive pas toujours à motiver les élèves et qu’on doit râler pour qu’ils présentent leurs sacro-saints devoirs.

Et on s’agite, et on sanctionne, et on réprimande, et on met des zéros, et on s’énerve, et finalement on est de mauvaise humeur. Il n’a pas fait ses devoirs = il ne me respecte pas.

Et en plus, on l’a vu Paul, recopier « à l’arrache » l’exercice qu’on avait donné la semaine dernière dans le couloir, sur le dos de Thomas.

Mais peut-on s’en passer ? Que ferait-on chez nous, sans ce passage obligé, ce rituel qui rythme les soirées des familles, ces questions récurrentes, ces accents accusateurs : « T’as fini tes devoirs ? » ou encore « Ils avancent ces devoirs ? » En général, on n’obtient jamais la bonne réponse. « Je suis en train ». « Non ! Je suis dans League of Legends et je peux pas quitter ma partie ! »

Alors moi j’ai décidé, au lycée, en cours d’anglais, de donner des jeux en devoirs.

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Ils n’ont pas marché dans mon cours le lendemain. Ils ont couru.

Ils ne se sont pas fait prier pour ouvrir leur cahier, ils m’ont appelée.

Je ne me suis pas énervée, j’ai souri et même parfois ri.

Mais que s’est-il passé ? Comment peut-on donner des jeux en devoirs qui se retrouvent magiquement dans tous les cahiers des élèves ?

Dans l’unité Hall of Fame, en seconde, on revoit les genres cinématographiques. On lance un Kahoot, un jeu attrayant qui permet de projeter des questions et laisse les élèves choisir les réponses sur leur tablette par couleur, tout ça en musique et en groupe avec un chronomètre.  Ah oui, on peut y jouer dans une classe, mais aussi dans une autre classe simultanément ! À distance, à l’étranger, soyons fous, avec nos correspondants. Il suffit de rejoindre l’adresse http://kahoot.it/ et de taper le numéro de salle donnée, et jusqu’à 100 participants peuvent jouer en même temps. On pourrait y jouer dans une école, par exemple, dans un jeu destiné à plusieurs niveaux simultanément.

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Alors on fait comment ?

Je laisse le jeu actif et les élèves peuvent y jouer. Les devoirs consistent à prendre des notes sur les différents films en notant la bonne réponse.

Vous pouvez vous lancer sur ce lien si vous voulez : il vous faudra un smartphone…

On peut aussi utiliser des symboles mathématiques, résoudre des problèmes ensemble, revoir des notions, et si le lateX ne passe pas, on peut faire une capture d’écran, la transformer en image grâce à http://snag.gy/ (on copie-colle-édite n’importe quelle page) et l’utiliser comme support de question.

Du coup, ça donne un sacré coup de jeune aux devoirs.

Dans le même style, un autre jeu en anglais vous permet de choisir le mode d’apprentissage. On peut y jouer en direct ou l’assigner en devoirs. Si c’est le cas, vous pouvez choisir une date butoir. C’est un peu différent de Kahoot, car les questions apparaissent, on peut choisir de ne pas mettre de chronomètre et de ne pas faire voir la correction.

 

Le jeu vous sélectionne un avatar par défaut, des « memes » (images avec des commentaires amusants que l’on peut désactiver) pour vous encourager. Pour rejouer une partie, il faudra changer de nom. En plus, vous savez combien de fois les élèves se sont lancés. Pourquoi pas même baser le contrôle sur certaines de ces phrases pour encourager les plus sérieux, ça marche !

 

 Le mode devoir permet de déclencher le questionnaire tout de suite en classe pour ceux qui n’auraient pas eu le temps ou pas la possibilité de les faire.

Ici, http://quizizz.com/join/ en ajoutant le code 07544, vous pourrez découvrir pourquoi les élèves font leurs devoirs sans se faire prier.

Le jeu ce n’est pas que l’amusement (vidéo sur Ted Talk) : intéressante présentation sur ce sujet en anglais.

Dans le jeu se cache le plaisir, mais aussi l’apprentissage, la créativité. Les élèves aussi se lancent.

Encore une autre possibilité que l’on peut exploiter en français, en langues ou dans tout autre matière qui nécessite de la mémorisation.

Les fameuses flashcards. Un côté, un terme, de l’autre sa traduction. Jusque-là, banal.

Mais on peut s’approprier ces jeux sous forme de Jeu: https://quizlet.com/110050457/gravity en mode Gravity.

Ou plus classiques : https://quizlet.com/110050457/scatter

Ces fameux drills ceux qu’on répétait jusqu’à épuisement. Ça fonctionne.

On peut procéder autrement. Simplement en activant une salle virtuelle, on commence à écrire en îlots en classe et les devoirs ? Faire la trace écrite à partir des notes des camarades. Bien sûr, un oeil critique est nécessaire. Ce qui est drôle, c’est que je me suis retrouvée dans cette salle avec des élèves de la classe mercredi après-midi, alors que les devoirs étaient à faire pour vendredi. Les élèves semblent apprécier ce contact à distance. La première fois, ils avaient écrit des sottises, utilisé des smileys, mais maintenant c’est fini. Ils prennent ce mur au sérieux.

Je suis sûre que vous foisonnez d’idées dans toutes les matières !

Allez à votre tour maintenant, tous en choeur, à bas les devoirs ! Flottons en apesanteur !

Une chronique d’Amélie Silvert

Commentaires

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3 commentaires

  • Tobianah dit :

    Passionnant. Bravo. Félicitations. Votre enthousiasme est débordant.
    En temps que parents, c’est ainsi que l’on conçoit le rôle d’enseignant.
    Tout est à ré-inventer, nous sommes à l’âge de Pierre de l’éducation numérique et des objets connectés.
    Au fil des rubriques, nous pouvons constater que les enseignants ont des idées qui valent de l’or et plus de qualités qu’il n’en parait.

  • LACOSTE PERICARD dit :

    Merci à Amélie pour l’article. Cela donne envie de s’y mettre. Malheureusement le code 07544 pour le site http://quizizz.com/join/ ne fonctionne pas.
    Bonne continuation à tous, bonne année et merci à tous ceux qui partagent leurs idées et pratiques sur le Petit Journal des Profs!

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