Travailler sans note : en cours d’acquisition

Dans mon nouveau collège d’adoption (ou de mutation, comme on veut), il n’y a pas de notes en sixième. « Même pas peur ! » : avec ou sans note l’important est d’évaluer les compétences. C’est ce que je fais depuis déjà longtemps pour tous les élèves du collège où, en SVT, j’évalue 5 compétences différentes : restituer, s’informer, communiquer, raisonner et réaliser. Qu’il y ait des notes ou pas, cela ne doit pas changer grand-chose… Enfin, pas si simple !

note_acquisition

Quelque soit la classe ou le niveau, évaluer les compétences permet de mieux cerner le profil d’un élève, et de lui faire pointer du doigt ses points forts et surtout ses points faibles ; travaillant par compétences depuis un moment j’avais déjà défini des niveaux à atteindre. N’étant pas emballé par les fameux « acquis », « non acquis », « et en cours d’acquisition » qui manquent de précision et ne sont pas très parlant pour un élève, selon moi, j’ai opté, après réflexion et comparaison avec les pratiques d’autres enseignants, pour un vocabulaire différent (mais suffisamment parlant pour ne pas avoir besoin de l’expliquer). Il y aura donc le niveau « débutant », le niveau « apprenti » puis le niveau « confirmé », et enfin le niveau « expert ». L’objectif de l’élève étant d’atteindre au moins le niveau « confirmé ».

Lorsque je rends une évaluation, l’élève sait par exemple que pour « restituer » son niveau est « confirmé », pour « raisonner » c’est « apprenti » et que pour « communiquer » c’est « débutant » : plus besoin d’annotations sur la copie qui ne sont pas souvent lues ; et c’est tout de même plus précis et plus constructif qu’un simple « A.Bien » ou « Pas de travail » ! Alors, après quelques semaines sans note en sixième, il est temps de vérifier mon niveau de compétences dans cette nouvelle façon d’évaluer.

Niveau débutant : lorsque les premières corrections arrivent, il ne faut pas perdre de temps car d’autres suivent souvent rapidement. Si l’on ne veut pas se laisser déborder, mieux faut être efficace. Tellement efficace que mes premières corrections de sixième se sont retrouvées… avec des notes ! Enfin pas tout le paquet, mais il y a eu quelques ratures sur une dizaine de feuilles. C’est bien arrivé trois fois au moins. Pas facile de changer les habitudes.

Pas facile non plus de définir le niveau de compétence atteint par l’élève : sur deux questions de cours (restituer), certains élèves répondaient parfaitement à une seule des deux ! Débutant ou apprenti ? Je me suis longuement trituré les méninges parfois. Il faudra peut-être avoir au moins trois questions de restitution pour plus de précision.

Niveau apprenti : juste avant les vacances de la Toussaint, il est temps de faire un bilan pour informer les parents d’élèves. Le relevé de notes n’est plus possible et les interfaces de communication (Pronote, Educhorus au autres) ne sont pas optimisés pour l’évaluation par compétences au jour le jour. Pour informer régulièrement les parents, nos élèves ont un cahier de compétences avec les grilles de chaque matière. Le prof principal de sixième se retrouve avec de nombreuses grilles de compétences, pas toujours les mêmes selon les matières, et doit faire une synthèse sur le profil de chaque élève. Pas facile.

Il y a là un gros chantier. Si des informaticiens de logiciels de gestion de notes lisent cette chronique, je souhaiterais simplement pouvoir entrer les compétences comme les notes : créer un devoir et pouvoir inscrire une lettre à la place de la note. Un « D » pour débutant, un « A » pour apprenti, un « C » pour confirmé et un « E » pour expert. Les parents pourraient voir régulièrement où en est leur enfant, et un relevé des compétences permettrait de faire plus facilement le bilan individuel.

Niveau confirmé : si les bilans et la communication avec les familles doivent être améliorés, je suis globalement satisfait de ma « recette » pour le suivi des compétences des élèves. Pour cette recette, il vous faut : un ordinateur, un tableur et une tablette. J’ai investi cette année dans une tablette dans le but de tester ce que l’on pouvait en faire avec des élèves, mais pour l’instant c’est plutôt un bon outil de gestion des compétences.

Étape 1 : créer un fichier tableur avec votre grille de compétences.

Étape 2 : pour chaque case de la grille, créer un petit menu déroulant (c’est tout simple à faire avec « données/validité ») : on peut ainsi choisir le niveau atteint par un simple clic.

Étape 3 : créer une feuille par élève (copier/coller encore plus simple).

Étape 4 : trouver une application pour lire le fichier dans la tablette.

Étape 5 : entrer les compétences des élèves. Il suffit alors sur la tablette de choisir la feuille d’un élève, de cliquer sur la case de la grille à évaluer et de choisir dans le menu déroulant le niveau atteint. Trois clics et c’est tout. On peut le faire après une évaluation ou en cours de séance. Pour la réunion parents/profs de novembre, le bilan individuel sera simple à faire et à présenter.

Niveau expert : euh… une bonne faculté d’adaptation peut-être ! La réforme à venir (quelqu’un a des nouvelles ?) permettra encore prochainement de l’évaluer… Pas sûr d’atteindre le même niveau cependant. Mais l’intérêt est de progresser !

Une chronique de Hervé

Commentaires

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3 commentaires

  • valérie dit :

    J’utilise ce type d’évaluation depuis plus de 2 ans en lycée en seconde, effectivement un outils institutionnel serait le bienvenu de façon à éviter les problèmes de couleurs (vert rouge) avec une réflexion approfondie, éviter les problèmes de lettres ABCD (idem un élève qui a D …c’est comme rouge). Mais il ne faut pas être angélique non plus, il y a malheureusement des élèves qui ont D parce qu’ils ne font rien, et non pas parce qu’ils n’ont pas les compétences. Reste pour le lycée, les plus durs à convaincre du bien fondé de ce type d’évaluation : les parents !

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