Auto-évaluation

Cours d’anglais, classe de 4ème. Séquence « Back to school ». Après avoir travaillé sur un blog en respectant les étapes de compréhension, d’appropriation, de manipulation puis de production, nous voilà arrivés à la fameuse tâche finale ou projet, comme l’on voudra. Je demande à mes élèves de participer à leur tour au blog en réagissant au « post » que je leur ai donné et, soit dit en passant, que nous avions travaillé en classe. Ils ont pour cela le temps qui leur est nécessaire. Ils ont une grille de consignes la plus aidante possible (j’ai donné mon sentiment/état : 0/1).

Il s’agit pour moi de voir ce que mes élèves sont capables de faire à l’aide de leur cahier, des connaissances et compétences qu’ils ont acquises et/ou qu’ils avaient déjà. Je me sens plus que confiante. En fait, je ne devrais pas !!

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[auth] Je leur demande aussi de s’auto-évaluer, ce qui est souvent un moyen pour eux de vraiment prendre conscience du travail qu’ils ont effectué, de l’écart relatif ou pas avec ce qui est attendu d’eux au travers des consignes. Cela leur permet d’améliorer leurs travaux, s’ils se rendent compte qu’ils sont passés à côté de certains points.
Caroline ne fera rien pendant toute la séance, ou peut-être devrais-je dire pendant toute l’épreuve. En effet, malgré mes sollicitations répétées, les aides un peu trop appuyées pourraient dire certains, elle n’écrira pas le moindre mot. Est-ce un blocage ? Ou un refus conscient de ne pas vouloir faire ? Est-ce la peur de se tromper et donc préférer ne rien faire ? J’étais désemparée.

Pour ne pas rester sur cet échec, qui en était un pour moi autant que pour elle à certains égards, je lui ai proposé de le faire à la maison. Risque, me diraient certains, car elle sera sûrement aidée. Eh bien, me dis-je dans ce cas-là, j’aviserai. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé avec Marion, qui est revenue avec un super travail bien chiadé, alors qu’en classe elle semblait découvrir le poste que je lui avais choisi au hasard de mes petits papiers. Je ne sais encore comme je l’évaluerai. Et si je la sur-évalue, ce ne sera pas grave. Marion aura peut-être pris un peu confiance en elle… pour ce jour-là !

Dans un autre coin de la classe, Ewen a fini. Je lui demande de s’auto-évaluer avec la grille de critères de réussite fournie. En effet, à cet âge-là, des élèves ont tendance à ne pas trop faire les évaluations, juste un peu tant que cela ne demande pas trop d’efforts. Quand un exercice demande plus de production, ils ont comme une réticence ? Un frein ? Un rejet ? Et c’est ainsi que certains ne font pas le dernier exercice.

Ewen me rendra très vite sa feuille. Il s’est très vite auto-évalué. Il a mis zéro partout.

« Bah je ne sais pas. C’est sûr, j’ai tout faux. » Et limite de rajouter : « Je suis nul. »

De l’autre côté de la salle, un autre élève venait de dire :

« Mais Madame, c’est forcé que l’on soit d’accord avec ce qu’on a fait ! On va se mettre bon partout. »

Vaste débat que celui de l’estime de soi. Long travail d’appréciation de soi à sa juste valeur, en s’acceptant tel que l’on est : avec ses manques et ses qualités. Mais aussi, sans se prétendre mieux que ce que l’on est. Dans ce genre-là, il y a aussi ceux qui se dévaluent dans l’espoir que le professeur redorera leur blason, encore plus que ce qu’eux-mêmes veulent se donner.

Quelle image ont nos élèves d’eux-mêmes, notamment à cet âge charnière qu’est l’adolescence ? Comment pouvons-nous vraiment les aider à avancer ? C’est tellement fait de tout petits pas que certains jours, on n’arrive pas à voir ce que l’on a pu leur apporter, en quoi on les a fait grandir. Et puis, il faut aussi rester modeste à notre tour aussi.

Et toi quand tu t’auto-évalues, tu t’auto-dévalues ?

Une chronique de Kristen

Prof d’anglais.
Qui aimerait bien aller découvrir les pratiques dans les autres pays, sur le travail en ilôts, la réussite des élèves, les parcours individualisés au sein de la classe.

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Commentaires

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5 commentaires

  • Audrey dit :

    Je comprends ton désarroi Kristen, parfois j’ai l’impression que plus on donne d’outils à nos élèves pour progresser, moins ils s’en servent! C’est comme s’ils se sentaient submergés.
    L’année dernière j’ai tenté une expérience: ma tâche finale consistait aussi à « établir un lien social » comme disent les programme et, lasse de les entendre dire à chaque fois dans ce type d’exercice « je sais pas faire ça, je sais pas comment on dit… » j’ai consacré la 1ère heure à leur faire chercher dans les outils donnés tout ceux dont ils pouvaient se servir dans ce type de tâche finale, une espèce de brouillon de leur évaluation en somme. Et puis pour ladite évaluation, je leur ai donné une autre tâche (laquelle ne différait pas vraiment de la 1ère) et leur ai demandé de faire le même travail que pour la préparation de l’évaluation.
    Résultat? Ceux qui s’en sortent d’habitude, s’en sont mieux sortis; ceux qui ont plus de difficultés en ont eu un peu moins; ceux qui ne voulaient rien faire n’ont rien fait.
    En fait, de mon côté, j’ai de plus en plus l’impression de ne plus parler le même langage (pourtant pas si vieille!!!!), j’ai beau leur dire ce qu’on apprend et ce à quoi ça va nous servir, j’ai beau les mettre en situation assez souvent… ils n’apprennent pas les choses comme je les enseigne (si j’puis dire parce que là encore, je ne travaille pas en frontal, plutôt en îlots).
    Et je suis exténuée d’aller au conflit parce que je ne peux résolument pas laisser un élève ne rien faire…
    Bon courage en tous cas!

  • LouPing dit :

    Heu … Il y a des choses qui m’ont fait … comment dire… ticket. (J’écris « ticket » parce que les autres aussi font des fautes d’orthographe 😉 )

    * « …appréciation de soi à sa juste valeur, en s’acceptant tel que l’on est : avec ses manques et ses qualités. » :
    Oups !.. C’est quoi la « JUSTE » valeur de « l’appréciation de soi » ? (Le mot « juste » me fait toujours marrer, enfin marrer « jaune » car je vois toujours le pervers derrière ce mot : vous savez, ce professeur « sévère mais juste. » 😉 Ou ce parent qui aime bien donc châtie bien. 😉 Ou alors un truc moral tout droit sorti de la bible : les « justes »… Ou alors, vous savez, ce genre de phrase horrible : « Caroline n’en a JUSTE rien à f* de votre exercice, parce que cette nuit il lui est encore arrivé des pires bricoles et que votre blog à la c* et votre c*** d’exercice, là, c’est JUSTE pas le problème de sa life en ce moment. » JUSTEment, peut-être que le blocage » de Caroline devrait « /vous/ permet/tre d’améliorer /votre/ trava/il, /et vous rendre/ compte qu/e vous êtes/ passé/ée à côté de certains /élèves/ » ? (Mais bon. Ne rêvons pas ?)

    * « Pour ne pas rester sur cet échec… » : vous êtes sûre que pour elle c’est « un échec » ? Vous êtes sûre que pour elle ce n’est pas ce qu’elle voulait, JUSTEment ? (Une perche qu’elle vous tendait). Ou alors qu’elle n’en a tout simplement rien à f* ? Qui a raison ? Vous êtes sûre de sûre de sûre que c’est forcément vous ? Vous êtes sûre que l’une des deux doit forcément « avoir juste » ? Les certitudes, ça aide, mais ça aide qui au juste ?

    * « en s’acceptant tel que l’on est » : c’est quoi ça ? Ca vient de sortir ? Il faudrait « s’accepter tel que l’on est » ? Dieu nous a fait comme ça, donc il faudrait s’accepter tel que ? C’est catho ? Chrétien ? C’est dans le programme ? D’où ça sort ?! QUI l’a décidé ?
    —) Pourquoi ne faudrait-il au contraire chercher en permanence à se modifier ? A empirer ? A s’améliorer ? A tout essayer ? Faire n’importe quoi ? A faire ce qu’on veeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeut de soi ?

    * « avec ses manques et ses qualités. » : kézako les « manques » ? Manques par rapport à qui ? A quoi ?
    Qui a décidé une fois pour toutes que la timidité serait « un manque » (de confiance en soi) par exemple ? Et surtout, qui a décidé qu’il faudrait corriger cela ? Renforcer « la confiance en soi » d’une personne timide : pourquoi ? Personnellement les personnes timides me saoûlent, je les soupçonne d’un orgueil qui me dérange (peur du jugement, prétention de perfection ou de supériorité se sachant fragile voire fausse et craignant que cela ne soit découvert en se manifestant publiquement), mais pour autant je ne vois pas pourquoi les personnes timides devraient changer pour me faire plaisir ! Ni correspondre à je ne sais quel fantasme de « personnalité correcte » établie par la société ! Les timides sont timides, point. Ils pètent d’orgueil et alors ? Sans les timides nous n’aurions pas tous ces comédiens géniaux, ces chanteurs, ces humoristes, ces animateurs, ces politiques (bon je sais), (ces profs ? Hihi.)… Bref tous ces gens qui osent se mettre devant une scène pour … soigner leur phobie (de l’évaluation) des autres et la honte de leur(s) faiblesse(s) ?
    Et les « qualités » : kézako là encore ? En France l’opportunisme est un comportement honteux, en Chine c’est une qualité indispensable, sans laquelle vous êtes un débile et nous n’arriverez à rien. (Vous avez bien raison de vouloir aller voir sous d’autres latitudes ce qui s’y passe et comment : vous y découvrirez ce qui s’y pense et comment : juste pile poil à l’opposé de vous, parfois. Les voyages forment les professeurs. 😉 )

    * « Mais aussi, sans se prétendre mieux que ce que l’on est. » : vous me voyez venir, je sais 😉 Alors oui, pourquoi diable ne devrait-on pas « se prétendre mieux que ce que l’on est » ?????? QUI a décidé de ce que « l’on devait prétendre » ? Et qui a décidé de ce « mieux », donc de ce « bien », une bonne fois pour toutes ?

    Exemple : je ne parle pas un traitre mot d’anglais, mais je vais faire comme si, je vais faire des bruits avec ma bouche, et personne ne s’en apercevra (avec un peu de chance).
    Dites-moi ce qui m’en empêcherait : votre morale ? Le fait qu’au baccalauréat ça ne marcherait pas ? Vous êtes sûre de sûre de sûre que ça ne marcherait pas ? Laissez-moi sourire. Par ailleurs un type a fait fortune en Chine (et continue peut-être) en enseignant à des foules immenses juste trois phrases de quatre mots avec un accent épouvantable : une confiance en lui dingue ! (J’espère que vous êtes contente.) En Chine on appelle ça de l’opportunisme (c’était dans les années 2000).

    J’ai appris à fabriquer un CV (je dis bien fabriquer un CV) en Angleterre, il y a bien longtemps (environ 25 ans) : le formateur avait suivi un cursus en France, nous avions eu les mêmes professeurs en linguistique. Le lascar évoquait avec émotion les foutus Frogs en se tapant les cuisses dans le but de nous faire saisir plus ou moins subtilement à quel point on était c**, nous les Français. Enfin, disons naïfs et encombrés de « principes », de « scrupules », de « morale » (à 2 balles), ce genre de c*** dont les Anglais, apparemment, ne s’étaient jamais encombrés de toute leur histoire. (C’est pas complètement faux, huhu.) Bref, j’ai appris à faire un « creative » CV à l’anglaise : dans ce genre de CV, on ne mentait pas, on était juste « créatif ». Et ? Et bien par la suite, j’ai transmis ce savoir faire efficace aux copines qui ne parvenaient pas à trouver du boulot. Et ? Et bien ça marche. D’ailleurs ça marche si bien que maintenant en France, tout le monde ment dans son CV, y compris (et surtout ?) les ministres, les députés, les maires, leurs adjoints, les préfets même, tiens. Il y en a même qui font semblant de faire des études, même des thèses de doctorat, et d’autres en face qui font semblant de les évaluer, et qui leur donnent les clés du paradis comme ça, dis !
    [Si vous croyez que je sors du sujet, pire que je divague, reprenez juste la citation liminaire de cette divagation : « Ne pas se prétendre mieux que ce que l’on est. »]

    * « il y a aussi ceux qui se dévaluent dans l’espoir que le professeur redorera leur blason » : oui enfin, il y a surtout ceux qui se dévaluent juste parce qu’à la maison, ou ailleurs, à l’école tiens par exemple, on leur a dit ne serait-ce qu’une fois qu’ils étaient « nuls », ou faibles, ou cons. Il suffit d’une fois. Et ils y ont cru. Ou alors ils ne l’ont pas cru, mais ils en ont été traumatisés pour toujours. Bon courage pour rattraper le coup : à mon avis il faut une vie. (Ce n’est que mon avis.)

    Mais vous avez parfaitement le droit de croire qu’il ne s’agit là que de gens qui caressent « l’espoir que le professeur redorera leur blason » : ça vous fait moins de boulot. 😉 (Et je vous comprends tout à fait. 😉 )

    Bon j’aurais pu en finir là, mais en voyant ça, je ne peux pas m’empêcher :
    * « Quelle image ont nos élèves d’eux-mêmes.. à l’adolescence…? » : et bien rappelez-vous. En tout cas moi, à l’adolescence, je n’avais aucune image de moi, je ne me posais pas cette question, je n’avais rien à faire de mon « image de moi », je me faisais juste ch*** à l’école. C’était juste très très ch*** : en clair, ennuyeux au possible. Heureusement pour moi, j’avais la créativité nécessaire pour me fabriquer mon école parallèle, et surtout à la maison j’avais une famille horrible, donc je m’enfuyais dans des apprentissages parallèles hautement plus intéressants et sympa que ceux de l’école : l’anglais (mais tel que je le voyais moi = vivant, directement branché sur mes correspondant(e)s partout dans le monde et non pas les manuels du XIXe s. (ou le blog de ma prof), l’allemand (idem), les sciences naturelles devenaient du dessin de planches hyper chiadées (mon côté perfectionniste, je ne laisserai personne prétendre qu’il s’agit d’une « qualité », pour certains c’est au contraire un énorme frein dans l’existence), la guitare en version picking, puis folk, Dylan, Joan Baez, tout ça… (au lycée c’était la flûte, pfff, si encore on nous avait fait chanter Simon and Garfunkel…), le dessin c’était des repros de Van Gogh pour oublier tous ces découpages de papier du cours, et puis des trucs en plus : l’italien, l’espagnol, si j’avais pu j’aurais appris le chinois et le russe, si j’avais su que ça existait j’aurais appris l’arabe à la place du latin, si j’avais su que le latin pouvait être marrant du point de vue linguistique j’aurais analysé le latin sous toutes les coutures à la place de toutes ces versions et ces thèmes hyper chiants sur des sujets inintéressants (pour une gamine de 14 ans) de type guerre des Gaules ou pire, celle de Troie, et les grandes migrations humaines à la place des campagnes de Napoléon. En bio à la place des moules et des calamars je me serais enthousiasmée pour la génétique mais on nous parlait seulement d’hérédité via l’exemple fameux des pois noirs et blancs. Soupir… Et j’aurais adoré la physique et la chimie si on m’avait montré le Cosmos, et tous ces mouvements fantastiques, et la formation de la Terre, et les débuts de la vie, et comment tout ça s’est fabriqué, a évolué, et a donné tout ce qui est là, maintenant, autour de nous et en nous, et qu’il nous reste à découvrir.
    Mais au lieu de cela, … le blog, et cette prof qui nous demande de suivre ses consignes « aidantes », et en prime de nous « auto-évaluer ». Parce que « c’est au programme ».

    Quand j’entends le mot « programme », …

    • Ana dit :

      Juste trop bienveillant comme commentaire.
      Vous devriez juste être prof : apparemment, vous avez juste tout compris à tout.

    • Audrey dit :

      Le commentaire (long et rébarbatif) de quelqu’un qui n’a juste pas compris que , qu’il en ait conscience ou pas, l’adolescent à une image de lui et cherche à coller à celle que lui renvoient ses camarades qui donnent l’impression de se sentir bien dans leur peau. L’adolescence est LE moment où on cherche sa voie en tant qu’être humain et le prof (puisque nombreux sont les parents démissionnaires par la force des choses, non non je ne jette pas la pierre) est JUSTEment là pour lui montrer les chemins à suivre et à ne pas suivre.
      Oui, LouPing, vous semblez ne pas avoir compris que dans la vie on ne fait pas toujours ce qu’on veut ni ce qu’on aime. Et même si vos années collèges ont été juste chiantes comme vous dîtes, elles ont servi à faire de vous ce que vous êtes et vous ont appris que nous sommes en démocratie et que chacun est libre d’exprimer ses opinions (ah oui parce que visiblement vous êtes sans savoir que la première mission d’un prof consiste à faire de ses élèves de futurs citoyens et auto-évaluer ses compétences est une compétence non négligeable à acquérir).
      Mais visiblement vous ne savez pas qu’en ce bas monde il y a des profs qui essayent d’intéresser leurs élèves… au lieu d’y prêter attention, vous vous contentez juste de porter un jugement… en ignorant que le programme est une loi et que comme toutes les lois il faut s’y soumettre.
      M’enfin, votre prose aura eu juste le don de me faire rire, je me suis crue dans Peter Pan avec la Fée Clochette… XD

  • Cordier dit :

    Bonjour à tous,
    C’est sympa de se lever le matin à 6 h du mat et de tomber sur toutes ces réflexions. Surtout après avoir passé 2 jours avec des inspecteurs nous expliquant au mieux la nouvelle réforme…
    Dans chacune de vos réflexions, j’ai trouvé des choses très très intéressantes et vraies ! Je n’ai rien à rajouter, surtout pas à juger l’une mieux que l’autre. Chacun a son vécu, ses convictions, ses peurs, ses audaces…
    Il n’est pas simple d’être enseignant, certainement, car on a tant de profils différents… mais heureusement. Tout comme les enseignants eux-mêmes sont différents d’ailleurs.
    La société bouge, elle a toujours bougé. Le monde autour de nous est en constante évolution et à nous de nous y retrouver dans tout ça. Avec ce que l’on est. Sans jamais oublier une chose, faire ce en quoi l’on croit au plus profond de nous. Si c’est le cas, on avance, on ne se pose pas trop de questions puisque, au centre de tout ça, il y a l’élève, l’enfant, le citoyen et n’oublions jamais, une personne unique que l’on doit, avant toute chose, connaitre et reconnaitre. Après, il semble que l’on est mieux à même de savoir ce que l’on peut obtenir de lui et jusqu’où on peut l’emmener. C’est là que le métier d’enseignant est fabuleux car, il nous laisse tout de même une grande liberté. Sur les méthodes, les choix pédagogiques, les compétences à travailler pour chacun et non les mêmes pour tous. Et dans tout ça, construire ses cours, ses séquences afin de susciter de l’appétence, de l’envie, de la curiosité…cela demande une veille pédagogique constante pour avoir les outils et les connaissances aussi du monde. Pour ma part, c’est passionnant. On cherche, on construit, on élabore des stratégies pour que chacun s’y retrouve…c’est bien ça être enseignant non ? Et ensuite, lorsque les élèves sont face à ce que l’on a créé pour eux…et que tout se met en mouvement (tête et corps), que les difficultés, les incompréhensions apparaissent , les critiques aussi des uns et des autres, eh bien oui, ils ont le droit de dire ce qu’ils en pensent, toujours dans le respect ..ça aussi ça s’apprend à l’école.
    L’enseignant accompagne guide, aide, motive certains, donne confiance et envie. C’est là notre mission d’enseignant. Sans jamais compter combien de fois on a aidé un élève et toujours en restant à sa portée. Et puis des capacités, tout le monde en a. Il faut parfois les faire surgir, les révéler même pour eux-même, ils ont si souvent besoin du regard bienveillant de l’adulte dans ce qu’ils font. Et on a le droit de se tromper, de recommencer, refaire, pareil, autrement…école de la vie. Ils n’iront pas tous au bac…et alors ? ce n’est pour autant qu’ils ne réussiront pas Leur vie…si on les accompagne au mieux, professionnels que nous sommes, chacun fera sont petit bout de chemin ensemble, confiant l’un envers l’autre, dans une relation liée aux apprentissages, sereine.
    En tout cas merci pour ces échanges qui m’ont permis aussi, de dire mon petit (grand) mot.
    Nath Cordier, enseignante en Education Musicale…sans flûte 😉

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