Les fiches ? Je m’en fiche !

En ce début d’année, je l’affirme haut et fort : J’aime pas les fiches !

Les fameuses fiches de la première heure. Déjà, le mot : “fiche” :  ça fait un peu trop casier judiciaire. Ça met les élèves dans des cases, justement. Et puis, on leur demande quoi, au fait ? Leur nom? Prénom? Date de naissance ? C’est déjà écrit sur ma liste d’appel… (et c’est plus lisible !)

Le prof de français qu’ils ont eu l’année dernière ? Leurs matières préférées? Entre ceux qui fayottent et qui disent qu’ils adôôôrent le français et ceux qui affirment être nuls partout… qui croire ?

Bref. Adieu les fiches !

fiches

A la place, je leur fais écrire 10 lignes (on est en cours de français, après tout !) Ils ont trois sujets au choix :

  1. “Je me présente…”
  2. “Dans 10 ans, je pense que…”
  3. “Sujet libre”

A votre avis, ils choisissent quoi?

La majorité de mes élèves choisit le sujet n°1, évidemment, parler d’eux, ils adorent.

Ils me disent tout. Tout. Tout sur tout !

Grâce à ces 10 lignes, je collecte un nombre incroyable d’informations :

  • l’adresse de la chaîne youtube (oui oui) de N. et  son nombre d’abonnés (il faut que j’aille vérifier, ça m’a l’air un peu gros)
  • j’apprends que L. n’aime pas les “kouetches” (!)
  • V. m’annonce, péremptoire, que “c’est pas pour se vanter, mais [elle] est quand même pas mal physiquement” (véridique).
  • S. me précise qu’en 6è et en 5è, il était dans un autre collège, mais qu’il en a été exclu pour “problèmes de comportement” (merci de me prévenir !)
  • J. est fan de reptiles et possède un varan (!)
  • A. souhaite devenir “pulrucultrice”…

Je peux aussi énoncer des tendances :

  • à la rentrée 2015, 27%* des garçons veulent être “game designers” ou “créateurs de jeux vidéos”
  • mes élèves rêvent de voyages à Rio, à New York…
  • 99%* des élèves de 6ème trouvent que le collège c’est trop “cool”.
  • 42%* des filles ont un chat.

*ces chiffres sont bien évidemment (pas du tout) véridiques.

Mais, le plus intéressant, finalement, c’est peut-être ce que je devine…

Le manque de confiance en soi de R., la potentielle dyslexie de B., les craintes de S. face à la nouveauté de la 6è, le manque de structure syntaxique de R. et Y.

Et tant d’autres choses, bien plus précieuses pour la prof de français que je suis.

Voilà. Adieu les fiches !

Une chronique de Cécile

Commentaires

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5 commentaires

  • Jacques dit :

    Bonjour Cécile, J’ai beaucoup aimé ta chronique.
    C’est du réel, c’est du vécu et on apprend beaucoup de choses sur nos chers petits.
    Je me présente en 10 lignes. C’est déjà du texte libre. Freinet utilisais beaucoup cette technique avec la correspondance scolaire et l’imprimerie.
    On parle beaucoup de la pédagogie Maria Montessori, mais je ne sais pas si nos jeunes collègues connaissent C . Freinet et l’institut Coopératif de l’Ecole Moderne ( I C E M ) dont le siège est à Nice ou à Cannes.
    Prof de français ( à la retraite ), j’ai beaucoup utilisé KAMISHIBAI avec mes élèves.
    Si vous connaissez, tant mieux, sinon je vous invite à regarder sue Google:
    Kamishibaï videos.

    Je vous souhaite une bonne année scolaire avec vos élèves et beaucoup de projets que vous mettrez en place avec eux.

    jacques san.

  • Cécile dit :

    Bonjour ! Je connais Freinet et Montessori, mais pas Kamishibaï… Je vais aller voir ce que c’est ! Merci : )

  • Jacques dit :

    L’idée de Chami Chamo est excellente. décrivez le personnage que vous aimeriez être. Mais pour avoir des renseignements précis, ce n’est pas évident à moins de travailler sur le contraire.
    Mais là, cela devient un exercice littéraire.
    Parfois, avec mes élèves, je travaillais comme G Perec. Ecrivez 5 lignes ( avec du sens ) et sans utiliser la lettre « E « 

  • Jacques dit :

    Bonjour Cecile,
    J’ai connu Kamishibaï grâce à une amie qui a pris le matériel à la B D P de Marseille. J’ai eu le coup de foudre et depuis plusieurs année je suis devenu un fou furieux de Kamishibaï. Je travaille dans des crèches, des écoles primaires, des collèges, à l’hôpital d’Aix en Provence, dans des centres aérés, des maisons de retraite et enfin, chez des particuliers pour des fêtes, des anniversaires et dans des manifestations genre « Fête du livre « …
    Mes spectateurs sont très variés. De 2 ans à 92 ans.
    Suivant l’endroit où vous travaillez, je peux venir, gratuitement, dans votre classe pour vous présenter mon travail.
    A bientôt.

    jacques san

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