La rentrée rattrapée par l’actualité

Hors du temps

La fenêtre de ma chambre est ouverte, et je range quelques bricoles.

Leurs cris envahissent soudain l’espace : Ils sont de retour !

C’est la récré, et j’ai vue sur l’école où sont allés mes 3 enfants.

Ça joue, ça court, ça chahute, chez les garçons. Les filles, plus tranquilles ce matin, marchent par 2 ou par 3, ou se regroupent au pied des arbres, et se racontent les vacances.

Certains garçons semblent très grands !

Un maître, que je ne reconnais pas déambule lui aussi.

Une partie de foot avec un ballon en mousse … but !!!

Pas de petits CP, de ce côté, ils doivent être regroupés dans la 2ème cour, un peu protégés 🙂

*

Cet après-midi, j’accueille mes deux classes de Terminale Bac Pro : cette année, nous avons inversé les jours de rentrées, afin que nos élèves plus anciens puissent venir accueillir les nouveaux élèves demain.

L’accueil, c’était notre thème de travail l’an dernier. Au programme de la semaine, dans mon lycée polyvalent aux multiples formations, des matchs de basket interclasses, afin de mixer tout ce petit monde et de faciliter leur intégration.

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homs

Dans l’actualité

Aujourd’hui a été publiée cette photo terrible d’un enfant syrien échoué sur une plage de Turquie.

Aujourd’hui, j’ai accueilli pour la 1ère fois une classe d’élèves non francophones. Des jeunes qui ne sont en France que depuis quelques mois.

16 élèves pour l’instant. 11 pays. 4 continents. Asie, Amérique latine, Afrique équatoriale, Afrique du Nord, Europe de l’Est, Moyen Orient.

Deux élèves viennent de Homs, en Syrie. Ils sont frères et sœurs. Leur père les accompagne. Il demande si nous connaissons la Syrie. Ma collègue y est déjà allée deux fois.

C’est un beau pays, dit-elle.

Il répond : « Ce pays n’existe plus ils ont tout détruit. »

Il faudra cette année travailler aussi cela, cette souffrance que certains de nos élèves portent en eux, qui ont dû parfois quitter leur pays d’origine dans des conditions très difficiles.

Certains sont seuls en France, nous le savons : « de jeunes mineurs isolés ». D’autres sont en famille, logés parfois de façon précaire.
La majorité est avide d’apprendre. Avec moi, ce seront les sciences physiques -que certains n’ont jamais étudiées- afin l’an prochain de pouvoir intégrer la formation qu’ils souhaiteront.

Ce sera une année très enrichissante, autant pour moi que pour eux, j’en suis déjà convaincue.

Il me reste donc à illustrer mes TP, afin de leur faire acquérir plus facilement le vocabulaire dont ils auront besoin.

Je sais que moi, je vais apprendre beaucoup, avec eux, et j’ai déjà commencé : alors que j’ai toujours « été nulle en géographie », j’ai repéré sur une carte du monde tous les pays d’où ils viennent !

Une chronique de Marine

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3 commentaires

  • Cathy prof en NSA en collège dit :

    J’enseigne moi-même à des élèves non francophones et surtout d’après l’appellation officielle, Non Scolarisés Antérieurement, ou depuis peu, UPE2A (je ne sais plus bien ce qui se cache derrière ce nouvel acronyme !!!!????). Peu importe les étiquettes, ce sont avant tout des enfants, avec des parcours tous très différents, comme les autres enfants (mais douloureux souvent), et toujours avec une très belle envie d’apprendre et de s’intégrer.
    C’est pour moi beaucoup de bonheur et de satisfaction, même si en tant que prof de SVT je fais plus de l’alphabétisation, que des sciences, et même si cela demande chaque année, pour un petit effectif en principe, fluctuant de surcroît (certains apparaissent, d’autres disparaissent), beaucoup plus de travail qu’une classe ordinaire. Et puis il y a des moments où l’alchimie ne prend pas, mais c’est pareil encore une fois qu’avec un autre groupe classe qui n’est pourtant pas confronté à la barrière de la langue.
    Les progrès sont parfois infimes et le déclic peut prendre du temps, mais il est tangible et quand on lit la reconnaissance dans leurs yeux on sait pourquoi on se décarcasse. « Madame je suis contente de venir à l’école ! » m’a déclaré l’an dernier, avec un large sourire, une jeune élève rom qui vivait dans la rue avec sa famille.
    Bonne année donc à toi et à tes grands élèves !

  • Joëlle dit :

    Merci pour cet article, où l’on découvre (quand on est nul en géo), qu’Homs existe, qu’on l’a détruite et qu’on a ses enfants dans nos classes.

  • Laila dit :

    Merci pour cette douce chronique pleine d’humanité.

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