La Fête des pères

Déjà la Fête des mères je n’étais pas très partant ! Mais alors la Fête des pères, bon. Les élèves ne m’ont pas trop laissé le choix. J’ai opté pour des coupe-papiers bien que cet outil soit des plus obsolète et mal nommé : « Maître, puisque ça sert à ouvrir les enveloppes, pourquoi on n’appelle pas ça un ouvre-enveloppe ? ». Quatre par quatre, les petits sont allés en autonomie dans le fond de la classe vernis-coller des petits bouts de serviette sur la lame de leur coupe-papier. Ils s’en sont mis partout et la plupart des coupe-papiers ont perdu leur tranchant à cause de l’amoncellement de petits bouts de serviette : c’était tout gondolé, tout pas beau, pourtant ils étaient heureux. Et comme on dit pour se rassurer, au moins les parents sauront que c’est eux qui l’ont fait.

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Ça a été moins drôle quand ils se sont mis en rang, tous avec à la main leur coupe papier décoré pour Papa, parce qu’ils avaient beau avoir perdu leur tranchant, il restait tout de même très tentant de s’en servir comme épée. C’était potentiellement dangereux et j’ai commencé à transpirer : avant que la Fête des pères ne tourne au pugilat, j’ai fait ranger les coupe-papiers dans le cartable. « Mais Maître, ils vont s’abîmer ». Ils étaient déjà bien abîmés.

Les Papas auront-ils été contents ? Retrouverai-je des coupe-papiers dans le fond des cartables ? Peu probable car aucun élève ne s’est plaint de ne pas avoir de Papa, pourtant je sais que certains ne voient pas leur père. Ils l’auront offert à quelqu’un d’autre. Je ne sais pas moi, un oncle, un grand frère, un voisin sympa. Il y a bien une figure masculine à qui offrir un coupe-papier qui ne coupe plus très bien. A défaut, je veux bien récupérer les inofferts, moi, et servir de figure paternelle. Ça m’est arrivé une seule fois dans ma carrière : une petite fille qui habitait en foyer et ne voyait que sa mère le Week-End avait tenu à faire son cadeau de Fête des pères, pour mieux me l’offrir, discrètement, à la fin de la journée. J’avais été touché, pourtant je n’aime pas beaucoup les sets de table.

C’est peut-être pour ça qu’on rechigne à ne pas préparer des cadeaux pour la Fête des pères et des mères à l’école : au fond de nous, on sait bien que ça fait surtout plaisir aux enfants. Et leur apprendre le plaisir de faire plaisir, c’est un enseignement fondamental.

Une chronique de Papalion

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1 commentaire

  • Mathias Schmitt dit :

    La fête des pères (et des mères): le (faux) dilemme. Car si l’on sait que rien ne nous y oblige, c’est devenu un incontournable des attentes des familles. Une collègue m’avait fait part des remontrances des parents quand elle avait annoncé qu’elle ne ferait rien pour ces fêtes car elles tombaient au milieu d’un projet pédagogique chargé.
    Et le casse tête pour éviter le énième collier de pâtes…
    Je laisse donc une idée que j’ai fait il y a quelques années: prendre 3 photos (ou plus si l’on a le temps) par élèves (nous travaillions en arts visuels sur la photo et le portrait) où ils font une grimace. Les imprimer en format carré (à peu près 8cm) en noir et blanc. Laisser libre cours à la créativité des élèves sur leurs photos avec des craies grasses ou crayons de couleurs et plastifier tout ça avant de les découper (pour les minutieux et ceux qui veulent que le cadeaux plus longtemps vous pouvez découper les photos, les plastifier et redécouper…ça fait beaucoup de découpes mais ça vaut le coup). Et vous vous retrouver avec de magnifiques sous bocks (ou sous verres).
    Ajoutez à cela une carte dark vador (photo dans le lien ci dessous) et c’est le succès assuré!

    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10204036993424735&set=pb.1220907427.-2207520000.1435042333.&type=3&theater

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