Soyons joueurs !

« Et maintenant… voyons, voyons… Elève Duschmol au tableau ! »

Partagés entre crainte de se ridiculiser et parfois envie de briller, nous avons tous vécu cette situation en tant qu’élèves.

Soulagés ou frustrés, restait la question « pourquoi lui ? pourquoi moi ? » Les voies du seigneur sont certes impénétrables, mais justement, le prof ce n’est pas le seigneur.

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Alors maintenant que je suis de l’autre côté m’échoit la question : qui interrogerai-je ? Plusieurs études ont montré que nous n’étions pas neutres, préférant les garçons aux filles (ou l’inverse), les plus brillants au dépend des plus fragiles (ou l’inverse), Mathieu plutôt que Marcel…

Reste la sagesse populaire: « le hasard fait bien les choses ». Et bien justement. Tirons au sort.

Le système est simple : un numéro à chacun en fonction de l’ordre alphabétique, une poche avec les 30 pions de loto correspondant (et oui, 30 élèves dans mon CE2…). C’est très rapide. Un élève peut tirer à ma place. Et ça s’applique à tout un tas de situation, depuis la correction de l’opération à la désignation des élèves pour s’occuper d’une plante verte en passant par le choix des capitaines d’équipe en sport ou un rôle dans une pièce de théâtre.

Au-delà de l’impartialité du choix, claire pour les élèves, de l’exclusion de toute dimension affective dans le choix (c’est pas parce que je t’aime ou ne t’aime pas, c’est pas pour te « coincer »), un deuxième avantage important m’est alors apparu: le hasard a fait des choix que je n’aurais jamais faits, confiant la plante verte au plus étourdi et le premier rôle au quasi bègue. Il est arrivé que j’aie eu raison: le résultat ne fut pas glorieux. Mais il fut aussi parfois stupéfiant, révélant des potentialités qui m’étaient jusque-là inconnues.

Une seule critique a été formulée par les élèves: le hasard est parfois bien généreux avec certains. Pour certaines choses, je coche donc qui a été désigné et si le tirage désigne un élève qui est déjà « passé », je descends dans la liste jusqu’au suivant.

Un de ces petits détails d’une vie de classe, mais qui change une inquisition en jeu de loterie, qui éloigne la suspicion de favoritisme ou d’acharnement et ouvre des possibles parfois inédits.

Soyons un peu joueurs…

Une chronique de François

Commentaires

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1 commentaire

  • Benito dit :

    Je pratique ainsi aussi
    C est très pratique et jamais un seul élève n’a refusé de faire lorsqu’il était tiré au sort. Ce n est pas moi qui l’oblige c’est le hasard.
    Pour eviter que le hasard ne désigne trop souvent les mêmes, je place le numéro tiré dans un autre pot jusqu’à épuisement des numéros du premier pot.
    Et hop !

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