Redoublement, les croyances des profs

Dans le cadre d’une conférence de consensus, le CNESCO publiait hier une note sur le redoublement qui fait grand bruit. Lisez le document qui fait une synthèse riche du sujet, en particulier le paragraphe consacré aux croyances des enseignants. Peut-être allez vous vous y reconnaître…

redoublement

Extrait :

Les recherches montrent que les enseignants et parents restent attachés au redoublement pour de multiples raisons, qui ne sont pas toutes en lien avec la remédiation des difficultés scolaires.
– Les enseignants et parents considèrent le redoublement comme étant bénéfique. Ils estiment que faire redoubler un enfant permettra de lui laisser plus de temps pour acquérir compétences et connaissances mais aussi pour gagner en maturité. Selon eux, aussi, le redoublement aurait un caractère incitatif poussant les élèves à travailler de peur de recommencer une année. Il existe cependant des différences notables chez les parents de milieux sociaux favorisés, moins enclins à laisser leurs enfants redoubler, notamment en primaire.
– Les enseignants pensent également que le redoublement est un moyen d’homogénéiser les classes en regroupant les élèves par niveau.
– Le redoublement jouerait aussi un rôle de signal envoyé par l’enseignant à ses pairs, et par l’établissement aux autres établissements, aux enseignants et aux parents. En ne laissant pas passer au niveau supérieur certains élèves, les professeurs manifestent aux collègues qui en ont la charge qu’ils ne sont pas responsables des situations délicates auxquelles ils sont confrontés et comptent ainsi éviter les critiques habituelles sur l’enseignement donné aux élèves dans les classes précédentes.
– Le redoublement peut également être utilisé par le chef d’établissement pour signaler aux parents et aux élèves le niveau d’exigence scolaire qu’il attend de son établissement.

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7 commentaires

  • Garcia dit :

    il y a du vrai dans les explications psychologiques du redoublement mais quid du bien fondé de ces raisons annoncées au redoublement: avoir plus de temps pour acquerir ls notions, gagner en maturité,….. Rien ne dit que pour cela le redoublement est un échec (ou ne peux pas servir dans certains cas). Cela ressemble à une critique du redoublement, très à la mode comme celle des notes, qu’à une véritable étude ( mais je n’ai pas lu tout le document).

  • Tonton Ed dit :

    Evidemment , les profs en contact avec les élèves ont des croyances et les politiques qui donnent le « La » ont la solution (alors qu’ils ne côtoient jamais les élèves). Oui je crois en la « peur du redoublement » chez certains élèves et parents, comme sur les routes on cultive « la peur du gendarme » pour faire ralentir ou responsabiliser les usagers. J’ai moi-même redoublé et je crois sincèrement que cela m’a aidé à avoir le niveau et la maturité pour faire ce que je fais aujourd’hui. C’est évidemment à traiter au cas par cas et dans certaines situations le redoublement serait nécessaire: manque de maturité, de travail, capacités inexploitées… Des élèves m’ont déjà dit: on risque quoi si on ne travaille pas ? Y-a-t-il une volonté politique à laisser des élèves sur le bord de la route pour en faire les futurs manutentionnaires de base dont le pays a besoin?

  • profguira dit :

    Je ne me sens absolument pas concernée par ce « consensus »! Bien au contraire, pour avoir croisé quelques élèves en situation de redoublement, ils sont souvent pire la 2ème année. Dans mon établissement, ça doit bien faire 10 ans qu’on ne fait plus redoubler. En clair, on fait l’inverse : ils quittent le collège plus tôt vers des structures adaptées du genre Segpa, Dima ou DP6.
    D’ailleurs, les statistiques montrent que les redoublants sont nombreux parmi les élèves qui quittent le système en échec scolaire. C’est donc qu’on n’a pas trouvé « LA SOLUTION »! Il faut des parcours plus individualisés, et moins généraux.
    Le collège unique a peut-être fait son temps!

  • REIX dit :

    Donc, si je comprend bien, le redoublement, comme les notes seraient l’alpha et l’omega de nos problèmes. Et en plus les enseignants seraient à l’origine de ce péché originel. c’est bien ça?

    Et pourtant… depuis 10 ans que le socle commun existe, depuis 10 ans que les redoublements sont en chute libre les résultats des élèves se sont-ils améliorés? Et on voudrait maintenant nous faire croire qu’en supprimant les notes, on va mieux faire travailler les élèves? On va juste supprimer tous les indicateurs d’alertes afin d’acheter la paix sociale et laisser la société consommer tranquillement…

    la vérité me semble plus économique. Supprimer le redoublement c’est réaliser une économie de 8000€ / élève /an, tout comme le principe de l’école inclusive qui va précipiter les élèves de segpa en 6e ordinaire à la rentrée 2015 ou la disparition des heures d’accompagnement éducatives qui permettaient de monter des projets, afin de récupérer des moyens pour les rep +. Ce principe s’appelle déshabiller l’un pour habiller l’autre à moyen constant. L’Éducation Nationale veut juste réaliser des économies d’échelle en se cachant derrière un écran de fumée.

    La question de fond n’est-elle pas plutôt: Comment mettre au travail des élèves qui ne veulent pas apprendre?

  • CM dit :

    J’ai maintenant 17 ans d’expérience au cours desquelles je n’ai connu qu’un (1) redoublement salutaire pour l’élève. De plus, je n’ai jamais compris comment on pouvait espérer qu’un élève puisse soudain être illuminé une année par ce qu’il n’avait pas compris une autre en étant confronté aux mêmes cours, ce me semble juste un pari. Enfin, concernant la peur du redoublement, elle n’a jamais existé sauf pour les… bons élèves. Je viens d’un village perdu au confins de l’Auvergne, pratiquement tous mes copains ont redoublé, pas un n’a pleuré.

    De mon expérience donc, le redoublement ne sert à rien sinon à projeter une image de soi même comme enseignant ou chef d’établissement (« Ah ah, je suis exigeant, vous voyez »). Les vraies solutions sont dans la prise en compte de la difficulté, la différenciation, l’aide.

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