Le Garrulus Glandarius

« M’sieur,, elle est à qui cette plume que j’ai trouvé ce matin ? » me demande fièrement cette petite tête blonde de 6ème en espérant bien me poser une colle, je le vois dans son regard malicieux : il connaît déjà la réponse ! Tous les ans au moins un élève facétieux cherche une question à laquelle je n’aurais pas la réponse. Pour ma part je n’ai jamais eu de problème à dire que je ne sais pas :’on peut toujours trouver la réponse en cherchant au bon endroit. Mais c’est aussi l’occasion de montrer le lien entre tout ce qui est fait en classe.

Garrulus1

« C’est une magnifique plume du bord des ailes de Garrulus glandarius : communément le geai des chênes. En 1735, Linné décide de mettre un peu d’ordre dans les nombreux noms des espèces connues : il propose un système avec deux noms en latin, entre autre pour faciliter la compréhension entre les différentes langues. Il nomma d’abord le geai des chênes Corvus glandarius l’ayant classé avec les corbeaux, mais bruyant comme il est le terme latin Garrulus lui fût ensuite préféré ; pour glandarius cela ne signifie pas qu’il ne glande rien, au contraire cela signifie qu’il produit des glands : il en mange énormément, peut en mettre trois ou quatre dans son bec pour les cacher en prévision de l’hiver, plus d’un millier chaque année; or il n’en mange qu’une partie et oublie le reste : le geai des chênes participe donc énormément à la dispersion des chênes dans notre environnement. » « On en apprend des choses à partir d’une plume, m’sieur ! » Sortant de la classe j’entend mon facétieux élève dire à son copain : « on peut faire latin au collège ?». Et voilà, l’option latin en 5ème vient de gagner un candidat !

Hervé, prof de SVT. Il y a tout ce qu’il faut dans mon jardin pour faire cours.

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