Comment bien corriger ses copies d’élèves ?

 

La correction des copies fait partie de la qualité de l’enseignement

Le savoir-faire de l’enseignant mesure la qualité de son enseignement. D’après la note d’analyse publiée en juillet 2011 par le Conseil d’analyse stratégique, organisme de prospective qui dépend du Premier Ministre, un bon prof est capable de faire progresser ses élèves. Parmi les leviers qui font la différence entre un bon et un mauvais prof, citons la façon dont l’enseignant apporte des corrections aux erreurs des élèves. Selon cette note, les corrections doivent êtres NEUTRES : un enseignant performant distingue le jugement sur la réponse de l’élève du jugement qu’il peut avoir de l’élève lui-même ; enfin, il accorde suffisamment de temps aux élèves pour reformuler leur réponse après que l’erreur a été signalée.

Mais que signifie « corriger » ?

Je vous laisse lire la définition du mot « corriger » dans la rubrique « Les mots de l’actualité » du site rfi.fr. Découvrez les trois modèles d’apprentissage selon J. P. Astolfi.

Comment bien corriger ?

Distinguons les corrections visant une compétence langagière des corrections d’ordre linguistique (fautes de grammaire, de conjugaison, de syntaxe, d’orthographe).

1. CORRECTION DES FAUTES VISANT UNE COMPÉTENCE LANGAGIÈRE

A UTILISER POUR des résumés, des productions écrites, des lettres, des rédactions, des synthèses de documents

Pour ce type de correction, les annotations en marge de la copie seront particulièrement utiles, à certaines conditions :

Les annotations ne doivent pas :

  • être agressives et émettre un jugement de valeur. En effet, corriger c’est évaluer un travail et non juger l’auteur de la copie ;
  • être difficiles à comprendre. Les abréviations doivent être explicitées en début d’année et le vocabulaire à la portée des élèves. Evitons le plus possible des « mal dit » ou des « imprécis » peu significatifs aux yeux des élèves ;
  • être vagues. Des remarques comme « des lacunes », » »inexact », « maladroit » peuvent leur apparaître complètement opaques. Il est important que les difficultés soient clairement identifiées et les propositions d’amélioration précises ;
  • être trop abondantes car l’élève ne pourra pas repérer les observations les plus importantes ;
  • être impersonnelles. En effet, si on ne s’adresse pas à eux en particulier il y a de fortes chances qu’il n’aient pas envie de relire leur copie .Le professeur doit adapter son propos à un destinataire.

Les annotations doivent plutôt :

  • inciter l’élève à s’autocorriger en identifiant ses erreurs, aider à comprendre ;
  • proposer des directions de travail précises, des conseils (ouverture vers une remédiation) ;
  • permettre un dialogue et accompagner la réflexion de l’élève en se référant à des éléments précis de sa copie et en proposant des critiques, des observations ;
  • être lisibles et cohérentes avec les objectifs fixés pour chaque tâche ;
  • désigner aussi les réussites ;
  • localiser clairement l’erreur en précisant la nature ;
  • renvoyer au cours.

Les conseils ci-dessus sont tirés du mémoire « Comment consolider les apprentissages grâce à la correction de devoir ? »présenté par CORREIA Karine au Concours de recrutement : professeur certifié de l’IUFM de Bourgogne. Les images sont tirées du site http://hcmc.uvic.ca/clipart/.

1.3. Pour approfondir : corriger les productions d’écrits, compte tenu de l’hétérogénéité des élèves

2. CORRECTION DES FAUTES VISANT UNE COMPETENCE LINGUISTIQUE

2.1. La méthode de la grille de progression de la production écrite

A UTILISER POUR des dictées et pour toute autre forme de texte si on souhaite corriger aussi les compétences langagières.

Ses avantages : La fiche d’autocorrection favorise la réflexion sur la langue et permet à l’élève de prendre conscience des fautes récurrentes, elle représente un véritable travail de conscientisation de l’erreur. Cette réflexion est articulée en trois parties : 1)visualisation de la faute, 2) correction de la faute, 3) justification (recherche des règles grammaticales, de conjugaison, etc.). Voici un exemple de ma grille de correction de la production écrite :

2.2 Corriger en salle informatique
2.3 Corriger électroniquement des copies : comment faire ?
2.4 Corriger avec le TBI

Une chronique d’Agnès Picot

Commentaires

commentaires

9 commentaires

  • tribeche dit :

    bonjour,
    je vais êtres intimidé!!!! par le nombres de fautes que je fais dans mes écritures et rapports (DESOLE)

    je ne suis pas francophone, mais j’ai fais beaucoup d’efforts pour avancer dans la société française.

    Donc voila j’ai encore beaucoup de choses à apprendre et partager, quand l’occasion se présente….

    Jaime votre page.

    je vous souhaite bon courage et bonne continuation.

    Enseignante par mon passé d’origine..

  • Brigiotte Lerbet dit :

    Merci pour votre intervention.
    Je suis tout à fait d’accord pour votre analyse.
    Pour ceux que cela intéresse , vous pouvez lire le livre de Georges Lerbet « le flou et l’écolier » qui traite de ce sujet et de la nécessité d’une qualité de correction centrée sur le travail de l’élève et sur sa capacité à évoluer .
    Il s’adresse certes aux instituteurs mais aussi aux professeurs des collèges, lycées et universitaires. Notre fils a rencontré des problèmes en EPS en 5° . Nous avons indiqué ce livre aux enseignants et nous avons vu les remarques s’approfondirent et surtout un regard différent et plus enrichissant sur les élèves…

  • Kristen Kristen dit :

    Bonjour,

    Si je puis me permettre de vous corriger. Je suis surprise que vous utilisiez le mot « faute » et non « erreur ». Est-ce volontaire? On dit que la faute a un jugement moral… Pour ma part, j’ai banni ce mot de mon vocabulaire.
    Bonne continuation
    Kristen

  • françois dit :

    Les corrections ne doivent pas émettre de jugement de valeur. Mais nous parlons de « faute » de français et d’ « erreur » de calcul. Nous gardons la trace dans notre mémoire collective d’un regard différent sur ces deux disciplines. L’erreur est normale et corrigeable. La faute est plus constitutive et doit être pardonnée.
    Les français ont une conception aristocratique de leur langue. La maîtrise de sa complexité, en partie délibérément voulue et entretenue, signe « l’éducation » (donc généralement l’origine sociale). Les mathématiques, elles, ont un relent utilitariste, plébéien.
    Voilà pour ma petite remarque sémantique que je partage car ce point m’a intéressé quand on m’en a fait prendre conscience.
    Pour ce qui est des corrections de texte, il me semble que l’abondance des choses à corriger ou arranger (une copie bardée de rouge) est totalement décourageante pour l’élève. Personnellement je procède en trois temps. Mes élèves de CE2 écrivant au crayon pour pouvoir modifier facilement, je corrige directement une partie des erreurs, propose une correction à recopier pour une deuxième part des erreurs, signale enfin quelques erreurs qu’ils doivent corriger eux-mêmes (en adaptant cette attente selon l’élève). Et avant tout j’exige qu’ils produisent un nombre minimum de lignes de texte. L’évaluation repose ensuite essentiellement sur le respect de cette longueur et l’application dans les corrections à apporter.

  • Jacques dit :

    Certains mots me donnent envie de vomir.
    Orthographe, dictée, jusque là ça va. Mais le mot FAUTE me met dans des états de colère et de violence que j’ai du mal à contrôler.
    <>

    Pourquoi pas 3 péchés véniels ou mortels selon l’importance de l’erreur que j’ai commise?

    Cette pu… d’éducation judéo chrétienne qui nous colle à la peau depuis des lustres et des lustres.

    Quand j’étais prof et que de temps en temps je faisais dictée, je comptais les mots justes et surtout pas les « FAUTES »

    Une autre expression qui me fait vomir:
    <>

    La vache! qu’est ce qu’il a crié.

    <>

    La semaine dernière, un élève me demande:
    <>

  • Henri dit :

    N’avez-vous jamais coché des cases « VRAI » ou « FAUX » Jacques?

    Eh bien je considère qu’au collège, quand on écrit un nom singulier juste après un déterminant pluriel on commet une faute!
    Compter les mots bons en orthographe, c’est démagogique, un point c’est tout.

  • Jacques dit :

    Henri, je suis désolé.
    Le mot « faute » et l’expression :  » corriger un devoir » ou corriger un élève me donnent des boutons.
    Cocher une case VRAI ou FAUX est différent.
    Compter les mots justes dans un texte, ce n’est pas de la démagogie.
    C’est redonner confiance à des enfants qui font fait des erreurs sur l’orthographe d’un mot . Sur la méconnaissance ou l’oubli d’une règle de grammaire.
    Pour moi, j’ai acquis difficilement une orthographe à peu près correcte qui m’a permis de passer le bac et d’avoir réussi au concours d’entrée à l’Ecole Normale. Et de devenir instituteur, une passion de 39 ans
    Lorsque j’écris, je commet souvent des erreurs d’étourderie. Des maison…
    Heureusement, mon ordinateur me souligne en rouge les erreurs.
    J’essaie , parfois de relire mon texte. Je n’aime pas trop, je suis paresseux.

    Pour moi, dans la communication écrite ou orale, l’essentiel est dans le fond, pas dans la forme.
    La forme est importante, c’est certain.
    Un texte de Voltaire, pertinent et bien écrit me ravit.
    Un roman de Maurice Genevois me comble.
    Quel talent. Quel métier…

    J’aimerais écrire comme ça.

    J’ai beaucoup de progrès à effectuer pour arriver à leur cheville…

    Mais bon , je me fais plaisir en scribouillant quelque lignes.

    J’aimerais être un chroniqueur à peu près correct.
    Vous pouvez m’aider en critiquant mes commentaires.

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