La décroissance : une solution pour la préservation de l’environnement ?

écononie

« Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste. »  Kenneth Boulding, économiste américain (1910- 1993)

Cette citation peut faire l’objet d’une introduction de cours sur les limites écologiques de la croissance économique en classe de Terminale ES, dans l’ancien et le nouveau programme. En effet il est intéressant de faire réagir les élèves sur cette citation pour rappeler (ou évoquer) la notion d’empreinte écologique et surtout développer celle de décroissance. Ces connaissances peuvent être utiles pour le Bac ES.

  • Notre planète présente des ressources limitées, est-il possible dans ces conditions de consommer et de produire toujours plus ?
  • La croissance économique n’est-elle pas une idéologie, un culte auquel nous cédons depuis déjà trop longtemps ?

Certains économistes s’interrogent sur ces questions depuis le fameux rapport du Club de Rome, Halte à la croissance, paru en1972. Ce rapport prônait la « croissance zéro » , d’autres vont encore plus loin et proposent la décroissance. Dans un entretien récent, Serge Latouche nous explique cette notion :

Regarder l’entretien 

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Mais concrètement qu’est-ce que la décroissance et qu’est-ce qu’être décroissant? Envoyé Spécial, sur France 2, avait consacré en septembre 2009 un reportage à ce thème à travers 3 portraits de décroissants. Le reportage, Les décroissants, moins consommer pour mieux vivre? ,est toujours visible sur le site de l’émission et peut faire l’objet d’une série de questions pour être exploité en classe (quelques éléments de réponse en vert):

  1. Décrivez et expliquez les principes de vie des décroissants. Refuser la société de consommation: éviter le gaspillage, privilégier les produits fiables, à durée de vie longue, au jetable,  favoriser la récupération, éviter les produits superflus. Consommer en pensant à l’environnement: consommer les fruits et légumes de saison, produits à proximité pour éviter les transports polluants, éviter l’achat de produits plastiques difficilement biodégradables,…
  2. Quelles sont les conséquences de ce mode de vie sur le bien-être des individus ? Il s’agit ici d’un choix de vie des protagonistes qui s’en satisfont et le justifient par des convictions écologistes et par le gain de convivialité (ex: association pour consommer des produits de proximité). Pour autant ils ne font pas le choix de la facilité, du pratique et s’excluent en partie de notre société qui est justement une société de consommation.
  3. Quelles sont les conséquences sur l’économie ? Consommer moins nécessite de moins produire et donc ralentirait la croissance économique.

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Tim Jackson, économiste anglais, insiste sur cette spirale récessionniste dans son ouvrage Prospérité sans croissance et refuse ce concept de décroissance pour privilégier celui de « dilemme de la croissance » . Il propose quelques pistes d’actions telles que: réduire sa consommation matérielle, développer les services à la personne, investir dans les énergies propres, réduire sa consommation d’énergie, rompre avec le productivisme,…

Pour en savoir plus sur la thèse de Tim Jackson, vous pouvez visionner un de ses colloques organisé par La fondation pour la nature et l’Homme, ou lire des articles sur les sites de Rue89 (Tim Jackson « on est au bord du gouffre écologique ») et de Terraeco (Tim Jackson « il est très difficile pour des individus de réduire leur consommation »).

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